Nataka's profileWelcome to my little cor...PhotosBlogListsMore ![]() | Help |
|
July 04 On appelle, mais qui le sauraIncognito
De Eric Lavaine. Avec Bénabar, Franck Dubos, Jocelyn Quivrin…
Sortie le 29 Avril 2009
Grâce Aux chansons écrites par son meilleur ami Thomas, qu’il croit mort, Lucas devient la nouvelle star de la chanson française. Quand Thomas débarque à Paris, bien vivant mais ignorant tout de son succès, Lucas s’efforce de redevenir incognito pendant trois jours, le temps que Thomas reparte d’où il vient, afin de ne pas révéler son imposture.
J’ai hésité à aller voir Incognito car j’ai entendu le pire comme le meilleur sur ce film. Après l’avoir vu, je me range dans la catégorie de ceux qui l’ont aimé. Sans doute à cause de son sens du décalage.
Décalage, pare exemple, entre le personnage de Lucas et son interprète Bénabar. D’après sa bio officielle, Bénabar écrit bien ses chansons lui-même et a travaillé longtemps en indépendant avant de se faire connaître. Lucas au contraire est devenu riche et célèbre en quelques mois après dix ans de carrière à la RATP et se galère comme un malade sur l’écriture de son deuxième album.
Décalage aussi, j’ai envie de dire entre Dubosc et Dubosc. Je le trouve généralement bêta et vulgaire, suffisamment pour ne pas être drôle, et les rôles qu’il a joués au cinéma jusqu’à maintenant n’ont rien fait pour changer cette image. Mais Francis est un genre de Joey Tribbiani, un acteur mauvais et raté, et un homme immature qui a manqué le passage à l’âge adulte. Au lieu de l’habituel frimeur débile et sans-gêne capable de sortir les vannes les plus immondes en étant persuadé d’être au summum de l’humour, on a plutôt à faire à un gamin qui veut jouer au grand mais qui n’a pas conscience que ce qu’il dit ou fait peut avoir des conséquences, et qui croit tout simplement aux fables qu’il raconte. Ce n’est pas qu’il perde son côté agaçant, mais il arrive à être attendrissant et des gags qui auraient pu être vraiment lourds deviennent amusants. Et je dois dire que le changement brutal de registre entre le propriétaire terrien contemplant ses 50m² de pelouse comme s’il s’agissait d’un domaine de plusieurs hectares et l’hôte décontracté recevant à la très bonne franquette m’a fait hurler de rire.
Quoi dire de plus, sinon que Bénabar est aussi bon scénariste et comédien qu’il est bon auteur-compositeur, que les personnages féminins (Anne Marivin, Isabelle Nanty, la très douée Virginie Hocq et même l’émouvante Yolande Moreau) sont très bien écrit et que Gronvieux, boudiou, ça m’a l’air d’un patelin où qu’y a de l’ambiance, ouais !
July 02 La Finlande est toujours une bonne excuseConfessions d’une accro du shopping (Titre original : Confessions of a Shopaholic) De PJ Hogan. Avec Isla Fisher, Hugh Dancy, Krysten Ritter... Sortie le 20 Mai 2009
Le plus grand plaisir de Rebecca Bloomwood, c’est le shopping. C’est aussi son plus grand problème, car elle dépense plus qu’elle ne gagne et ne sait pas se mettre de limites. Le hasard faisant bien les choses, le job qu’elle obtient et qui lui permettra d’éponger ses dettes s’avère être celui de chroniqueuse dans un magazine financier.
Succès énorme en librairie (et dans toutes les grandes surfaces offrant un rayon « culture »), Les confessions d’une accro du shopping et ses suites, qui se comptent à présent quasiment à la demi-douzaine, se devaient évidemment d’avoir leur adaptation ciné. Que j’aille la voir n’était pas gagné d’avance, tant j’avais pris Becky en grippe. Que voulez-vous ? Une fille aussi inconsciente et irresponsable, incapable de se prendre en main, ni de régler ses problèmes sans l’aide d’une tierce personne et qui, quand par miracle elle parvient à s’en sortir, retombe aussitôt dans les mêmes travers, et bien ça m’énerve. Une fois, à la rigueur, ça aurait pu passer. Mais cinq fois de suite ! C’est sur une impulsion subite (due à la fatigue, l’heure tardive, le moral dans les chaussettes qui réclame de la comédie et pas de réflexion…) et sans grand espoir que je suis allée voir ce film. Autant pour moi, ce fut une relative bonne surprise. Le scénario ne suit pas à la lettre le roman, mas pioche divers éléments des deux premiers tomes pour créer une histoire légèrement différente, et les changements opérés sont salutaires. Becky vit bien avec sa meilleure amie, mais à New York et pas à Londres. Luke n’est plus un ambitieux et ténébreux homme d’affaires, mais l’ambitieux et talentueux rédacteur en chef de la revue où travaille Becky. (Ah ! le coup de cœur pour le séduisant patron, un classique !) New York, magazine, on n’est pas loin du diable qui s’habille en Prada, d’autant qu’intégrer le staff d’un magazine de mode est le but ultime de notre fashionista.
Et bien sûr, au centre des débats, il y a toujours cette terrible addiction. Faire les boutiques équivaut pour Rebecca à sniffer un rail de coke tout en se pintant au champagne. Elle décrit d’ailleurs très bien le phénomène dans son groupe d’acheteurs compulsifs anonymes. Mais contrairement au livre, on échappe aux répétitives et interminables séances de shopping et aux dénis de factures. Par chance, à part le délire sur le fameux foulard vert (habile récupération scénaristique), j’ai quand même eu l’impression de découvrir une autre Rebecca Bloomwood. Moins faible, plus sincère dans ses efforts pour s’en sortir et donc plus sympa. Et très douée pour se mettre dans l’embarras, tout de même, il le faut bien puisqu’on est dans une comédie. Et opportunément, en ces temps de crise (Ouh ! le vilain mot qui ne doit pas être prononcé normalement sur ce blog !), on a en prime une bonne mise en garde, à nous pauvres dindes superficielles maniaques de la chaussure, du chapeau, (ou éventuellement du livre, du dvd, de la théière ou tout objet approprié) contre l’usage abusif des cartes de crédit et le surendettement. PJ Hogan, qu’on sait très inspiré en matière de comédies romantiques (Muriel, Le mariage de mon meilleur ami) et fantaisistes (Peter Pan) nous a concocté un film coloré (attention, la garde-robe de Becky peut provoquer un décollement de rétine), plein de trouvailles amusantes (les mannequins des vitrines, l’éventail, et la musique !) avec un casting des plus plaisants. Avoir réuni Kristin Scott-Thomas et Joan Cusack dans le même film est une grande idée (merci, M. Hogan). Krysten Ritter est parfaitement adorable et drôle, comme toujours. Hugh Dancy est tout à fait charmant, et Isla Fisher est fofolle à souhait.
Une honorable comédie romantique, et une agréable façon de terminer la soirée.
June 25 "I understand now what it means to be born again."Il y a des moments où je suis certaine d’avoir un ange gardien. Et il y a aussi des moments où je suis certaine que mon ange gardien est en RTT. (Et il en a plus que moi, le saligaud ! Ce n’est pas comme si je lui donnais beaucoup de travail, quand même !) En ce moment, par exemple, où mon ordinateur me lâche, encore, et où les récentes intempéries ont fait choir le plafond du hall de mon cinéma, conséquemment fermé pour cause de travaux. Il semble que la malédiction qui rend mon travail si pénible et fastidieux s’est étendue à mes heures de loisirs.
Heureusement, j’ai aussi de bons amis doués en informatique qui me remettent le dedans de mon ordi en place, tout comme j’ai de bons amis doués en mécanique qui me remettent ma voiture en état (après plus d’un an avec le pare-choc en vrac, il était temps). Et donc, faute de pouvoir surfer, ou regarder des dvd (car mon lecteur est aussi dans mon ordinateur) ou aller au ciné, j’ai pu m’avancer dans ma lecture. Un petit peu.
Le Château de mes Rêves
(Titre original : The Blue Castle)
De Lucy Maud Montgomery
A vingt-neuf ans, Valancy Stirling mène une existence terne entre sa mère et sa cousine, deux veuves austères et autoritaires. Elle n’a jamais obtenu ce qu’elle voulait de l’existence, et n’espère rien de l’avenir. Dédaignée, infantilisée et utilisée par les siens, elle n’a que deux échappatoires : ses rêveries du château bleu en Espagne qu’elle se construit depuis l’enfance, et les livres de John Foster, un naturaliste qui dépeint les beautés des forêts du Canada avec réalisme et poésie.
Mais un jour, Valancy reçoit une lettre qui va la pousser à changer radicalement de vie, à dire et faire enfin ce qu’elle veut, à agir selon ses propres idées.
Depuis que la diffusion des enfants d’Avonlea et du bonheur au bout du chemin, inspirés de ses romans, m’ont ouvert les portes du monde délicieusement suranné et chaleureux de Lucy Maud Montgomery, elle est devenue l’un de mes auteurs préférés. Et elle le reste, bien que ses intrigues soient souvent assez simples et légères, et plutôt destinées à un jeune public. L’Île du Prince Edward, dont je n’avais jamais entendu parler auparavant, m’attire irrésistiblement maintenant et je me suis jurée que si un jour je peux m’offrir un voyage au Québec, je ne manquerai pas de faire un crochet par l’Île.
Exceptionnellement, et c’est même le seul de ses romans dans ce cas, The Blue Castle ne se passe pas sur l’Île du Prince Edward. Mais on ne perd pas au change, car ses évocations du district de Muskoka sont tout aussi enchanteresses que celles des chemins rouges d’Avonlea ou de la côte sauvage de Four Winds Harbour.
Ce roman est aussi l’un des rares considérés comme étant des livres pour adultes. Après lecture, j’ai un peu de mal à voir ce qui le différencie de ceux que j’ai déjà lus. Certes, si l’on replace l’action dans son époque, les années 20, on se rend compte que certains sujets abordés ou suggérés dans le livre, comme l’alcoolisme, le fait d’avoir des enfants hors mariage, et l’ostracisme qui en découle envers les personnes « coupables » de ce genre de crimes de lèse-bonne société, n’étaient sûrement pas évoqués dans les conversations courantes, et encore moins devant les enfants. Mais en dehors de certains détails de ce type, The Blue Castle n’est pas réellement dépaysant pour qui aime L.M. Montgomery.
La vraie différence tient surtout dans le fait que Valancy est une héroïne plus âgée que la moyenne, plus seule et plus désespérée, et qu’au lieu d’avoir l’avenir devant elle, elle considère d’ores et déjà sa vie comme un échec consommé. Elle a depuis toujours réprimé son aptitude au bonheur, et au moment où le roman débute, elle doit apprendre à vivre. La façon dont elle rejette tout à coup le sens des conventions exagérément strict qu’on l’a forcée à respecter jusque là pour prendre sa vie à bras le corps, en faisant ce qui lui parait bien et juste sans plus se préoccuper de ce que diront sa mère ou ses oncles et tantes en fait un personnage intéressant et plaisant, assez attachant pour qu’on passe sur les capillotractions de l’intrigue, qui sont paradoxalement aussi prévisibles qu’invraisemblables, surtout dans le dénouement.
Et Barney, voilà un personnage masculin rare chez Montgomery, loin du ténébreux gentleman ou de l’adorable ami de cœur qu’on connait. Misanthrope, secret et taciturne, sauvage et parfois féroce, trainant une réputation déplorable et à qui on doute d’abord de pouvoir faire confiance. Quel romantisme dans la relation qui s’installe entre lui et Valancy ! Il me semble que mon esprit n’a pas pu quitter le cottage de Barney pendant plusieurs jours après que j’aie terminé ma lecture, tant l’année passée là m’a parue parfaite d'harmonie.
Lucy Maud ne m’a encore jamais déçue ni lassée. Je suis bien contente qu’il me reste encore tant de ses romans à lire.
May 14 "Y a des bleus. Je vous les présente, au cas où vous penseriez que c'est une mauvaise blague."Les Bleus : Premiers pas dans la police
Affectés dans une DPJ parisienne, cinq jeunes gens à peine sortis de l’école font leurs débuts de policiers. Leurs curriculums et leurs motivations, que l’on découvre petit à petit dans les premiers épisodes, ne sauraient être plus dissemblables. Mais en travaillant ensemble et en se confrontant à la réalité de leur travail, qui peut aller du plus fastidieux au plus éprouvant, ils reviennent très vite sur leurs idées préconçues.
Vais-je devenir une vraie sériephile ? En tout cas, je commence sérieusement à apprécier de voir les séries comme des films, une saison (voire plusieurs) d’un bloc, meilleur moyen possible de suivre l’évolution des personnages et de pas oublier au fur et à mesure les détails des intrigues trop alambiquées. Les séries que je suis avec le plus de plaisir ne sont généralement pas françaises. Il faut dire que les réalisateurs hexagonaux commencent à peine à comprendre que le format 52 minutes est un peu lourd à trimballer, et certains n’ont vraiment pas intégré qu’on ne peut pas faire de séries « à l’américaine » quand on a un budget, une créativité et un sens du scénario vingt fois inférieurs à ceux des collègues d’outre-Atlantique.
Alors on a ceux qui s’en sortent à peu près honorablement, en la jouant Douce France, comme Famille d’accueil ou Louis La Brocante. Et puis il y a ceux qui persistent à faire dans le polar, qui nous imposent par exemple des commissaires quasiment grabataires mais qui vont quand même sur le terrain (et on est sensé trouver ça réaliste ?), ou qui copient sur les petits copains américains, comme R.I.S., avec de vrais experts de la scientifique dedans, que j’aurais peut-être continué à regardé si, d’une, ils n’avaient pas remplacé Jean-Pierre Michael par Philippe Caroit, et de deux, si les acteurs avaient arrêté de se prendre pour des tragédiens. Ou comme Profilage, la nouvelle, peut-être inspirée par Bones et dont je ne me remets pas tant l’héroïne a l’air bête, camée ou semi-autiste apparemment, et tant l’intrigue est incohérente puisque la résolution de l’enquête démontre que l’analyse faite par la très douée criminologue en début d’épisode est complètement bidon.
Heureusement, en cherchant bien, j’ai réussi à trouver une série policière française qui vaut le coup d’être vue. Si, allez, quand même un peu ! Les Bleus, premiers pas dans la police.
Alors, dans la famille bleu, je demande : Nadia (Gabrielle Valensi), une jeune mère de famille entrée dans la police pour la paye et la sécurité de l’emploi, qui termine tous les jours de bonne heure, mission ou pas, pour aller chercher ses gosses à l’école mais qui, au lieu de demander un poste administratif se prend à aimer l’action sur le terrain ; Lyes (Mhamed Arezki), un beur ambitieux pour qui le service public est le meilleur passeport pour l’intégration, qui parle aux gens avec sa grammaire la plus châtiée et qui vise, à terme, le Ministère de l’Intérieur ; Laura (Elodie Yung), une brillante étudiante en droit, as des arts martiaux, du tir au pistolet et du fonçage dans le tas sans réflexion préalable, qui choisit d’émarger chez les roussins plutôt qu’au barreau parce que son géniteur, qu’elle n’a jamais rencontré, se trouve être commissaire ; Kevin (Nicolas Gob), un basque champion de muscu mais allergique à la violence qui espérait devenir MNS à Biarritz et qui s’est un peu fait avoir, niveau mutation ; et Alex (Raphaël Lenglet), un banlieusard, pur produit de sa cité estampillé « racaille », fils d’une mère célibataire qui a l’air d’être sa sœur, et qui change radicalement de camp après avoir passé sa jeunesse à tirer des caisses et ramasser ce qui tombait des camions (d’ailleurs, il a toujours de super plans pour vous avoir un micro-ondes pour que dalle). Toute la petite bande est chapeautée par deux capitaines, vieux de la vieille à qui on ne la fait pas : Franchard (Luc Thuillier), archétype du vieux beau à tendance alcoolique, qui n’est pas aussi ripoux qu’il en a l’air, et Duval (Jean-Michel Fête), psychorigide et grand amateur de musique classique. Sous la surveillance du commissaire Santamaria (Patrick Catalifo), héros de ses hommes et pourfendeur des ennemis publics. Tous ont, bien entendu, une vie privée à gérer, en plus de leur boulot très prenant. Et aucun d’eux ne fait dans le simple de ce côté.
Niveau intrigues, on est nettement plus dans le style réaliste de la PJ Saint Martin (petits délits, enquêtes de voisinage, statistiques, bref, réaliste et plan-plan) que dans celui des opérations des commissaires Lescaut, Moulin ou Navarro (crimes graves, cavales, prises d’otages et interventions de l’armée, etc), même si, de temps à autre, on a droit à un peu plus d’action. Alors c’est sûr que vu comme ça, on pourrait se dire qu’après avoir vu Porret, Matthieu et Leonetti peiner pendant des années sur des kidnappings de chat de la voisine, sur des comptage de points de retraites et des querelles syndicales, ça ne donne pas envie de se lancer dans une nouvelle série qui fonctionnerait sur le même principe.
Sauf que dans Les Bleus…, l’intrigue policière n’est qu’un prétexte. Il s’agit plus d’observer l’évolution des relations entre les personnages. Et non seulement les histoires sont bien menées, mais il y a surtout, et c’est généralement la raison pour laquelle j’aime ou pas une série, d’excellents dialogues. Certes, nous sommes loin du niveau de mes cultissimes Veronica Mars, ou Gilmore Girls, où on a pratiquement une vanne digne d’être relevée par réplique. Mais tout de même, les créateurs de la série ont eu la bonne idée de mettre en présence un groupe de personnes venus de milieux différents, avec des opinions et des méthodes divergentes, et qui semblent parfois ne pas parler la même langue tant ils ne sont pas sur la même longueur d’onde. Dans les conversations, il y en a toujours un pour être à contre-courant, ou carrément à la ramasse.
« - Monsieur a des indicateurs, maintenant ! - Ben oui, oui, j’ai des indicateurs ! Tous corps de métiers, hein. Stups, mœurs, grand banditisme, électroménager… Enfin, surtout électroménager récemment. »
C’est du comique basé sur le défaut de communication, en fait. Les dialogues de sourd du duo Lyes/Alex, à cet égard, ont des moments anthologiques. Plus que du polar, c’est de la comédie. Les bleus, quoi que parfois très contents d’eux et pressés de changer de couleur, sont vraiment des bras cassés, avec de la bonne volonté mais de grosses lacunes, Loin d’être des génies, ils ont même du pain sur la planche pour devenir de bons policiers.
« - De mon temps, quand on entrait dans un commissariat, il n’y avait que des hommes en képi et des inspecteurs en imperméable. Les seules femmes qu’on y voyait étaient là pour racolage. - Et ben ils ont découvert qu’on avait un cerveau, dites donc. Et puis alors, depuis, on a changé d’orientation professionnelle. D’ailleurs, ma collègue va vous recevoir, mais alors surtout, ne lui demandez pas avec qui elle a couché hier soir, parce qu’elle a la gâchette facile aujourd’hui. »
Après un pilote et deux saisons de 12 et 6 épisodes, le potentiel de la série est loin d’être épuisé, et si le succès public n’est pas totalement au rendez-vous, j’espère que les encouragements des critiques seront suffisants pour que les producteurs la reconduisent encore quelques temps. Et pas seulement une nouvelle saison tous les trois ans, si possible. Allez, une petite sortie d’Alex pour la route :
« - Vous l’avez enterré où ?
- Je l’ai fait incinérer, et j’ai dispersé ses cendres dans la mer. J’ai trouvé ça romantique pour un dernier amour.
- C’est de la balle. Moi aussi, quand je vais mourir, j’ai envie qu’on me saupoudre, comme ça. »
May 12 Don’t feel like smiling ? You’re English, Dear. Fake it.Un mariage de rêve
(Titre original : Easy virtue)
De Stephen Eliott. Avec Jessica Biel, Kristin Sott Thomas, Ben Barnes, Colin Firth...
Sortie le 5 Mai 2009
1928. En séjour sur la Riviera, John Whittaker, jeune aristocrate anglais, rencontre Larita, américaine sophistiquée et pilote de course. Après une romance menée tambour battant, il l'épouse et la ramène dans son manoir pour la présenter à sa famille. Qui ne tombe pas unanimement sous le charme de la jeune femme...
Que peut-on attendre de l’adaptation en 2008, par un réalisateur australien auteur de l’inoubliable Priscilla, folle du désert, d’une pièce écrite il y a quatre-vingt-cinq ans par un dramaturge anglais, et ayant déjà inspiré une adaptation, à peu près à la même époque, au maître Hitchcock ? Une vraie réussite, voilà la réponse. A première vue, ça pourrait être une version swing de Sa mère ou moi, en moins bourrin et nettement moins américain, bien sûr, mais avec son lot de vacheries, de coups bas et de répliques cinglantes entre les deux Mrs Whittaker. Sauf que si c’était si simple, ce serait sans intérêt. Le conflit va bien plus loin qu’une simple rivalité belle-mère/belle-fille. Il s’agit d’un choc des cultures, où une pièce rapportée vient pousser un petit groupe de personnes à remettre en cause le système de valeurs qui est le fondement même de leur mode de vie depuis toujours.
Tel un Ulysse parti à l’aventure pour fuir le quotidien un peu trop casanier et le futur tout tracé qu’on a choisi pour lui, John Whittaker a eu le coup de foudre pour une nymphe, trop heureuse de se jeter dans ses bras afin d’oublier sa propre solitude. Mais en regagnant ses pénates, puisqu’il faut bien rentrer un jour, notre apprenti-aventurier s’aperçoit finalement qu’il aime cette terre qu’il voulait quitter, et que ce mode de vie qu’il rejetait est en fait celui qui lui va le mieux et qui le rendra heureux. Malgré les airs de play-boy séducteur et sûr de lui qu'il se donne (et qui lui vont fort bien, il faut l'admettre), John s'avère en fait être un bon fils de famille docile et prompt à rentrer dans le rang. Seulement, il a ramené sa Calypso avec lui, et elle ne cadre pas vraiment dans le décor. Preuve, s’il en fallait, qu’on ne peut pas tout avoir. Malheureusement, John est trop immature et désinvolte, à la limite de l’inconscience parfois. Il n’a pas encore les épaules pour la vie conjugale, en tout cas pas avec une femme comme la sienne. Il est incapable de faire un choix, et c’est sur son indécision que se base la rivalité des deux femmes qui se le disputent. Sa mère, qui doit bien admettre que sa bru n’est pas l’écervelée croqueuse de diamants aux mœurs légères qu’elle s’attendait à trouver, mais qui ne renonce pas pour autant à se débarrasser d’elle parce qu’elle compte trop sur son fils pour prendre la succession. Et la tendre épouse, qui aimerait bien le garder pour elle parce que sa jeunesse et son insouciance lui font oublier ses douloureux souvenirs mais qui, faute d’obtenir le soutien qu’elle est en droit d’attendre, trouvera un peu de réconfort en allant comparer la taille de ses cicatrices avec celles de son beau-père, vétéran de la Grande Guerre dont il ne s’est jamais remis.
Un mariage de rêve est l’un de ces petits chefs-d’œuvre à l’anglaise qui savent cacher derrière un masque de comédie à l’humour pince-sans-rire et corrosif un drame familial et social, avec son lot de secrets, de mensonges et d’hypocrisies en tous genres. Une sorte de grande partie de cache-cache protocolaire est en cours, et chacun doit toujours jouer le jeu, sauver les apparences, se fondre dans le décor. On peut avoir une conscience aigüe de l’absurdité de la chose, peut-être, mais tout de même, s’il y a des règles du jeu, il faut les respecter. « Nous préférons ne pas en parler, sauf en public. » dit John d’un ton détaché, à un moment donné. C’est tout le paradoxe, et aucun personnage ne peut y échapper. Ni Larita, qui pourtant aimerait faire table rase d’un passé qu’on ne lui laisse pas oublier, et recommencer à zéro, ni les membres de la famille Whittaker, qui n’essaient même pas de vivre autrement, tant ils y sont habitués.
Ce film sera sans doute desservi par son titre atroce, digne d’un roman Harlequin (Ah ! la malédiction des titres français), et c’est dommage, parce qu’il mérite amplement de trouver son public. Chacun des acteurs est parfait, de Jessica Biel qui arbore un look de Jean Harlow plus vraie que nature, à Kristin Scott-Thomas, Katherine Parkinson et Kimberley Nixon, en méchante belle-mère acariâtre et belles-sœurs hystériques, sans oublier Ben Barnes (comment ne pas être Mad about the boy ?), Colin Firth (dont je suis encore plus mad about, comme tout le monde) et le toujours hilarant Kris Marshall, le très stylé butter qui sait tout, ne dit rien mais n’en pense pas moins. Le tout orchestré avec talent par Stephan Eliott dont j’attendrai avec impatience la prochaine production, sur un fond musical que je vais m’empresser d’acquérir. Let’s misbehave !
May 04 Kikavucoco ? Ben, moi.Coco avant Chanel
De Anne Fontaine. Avec Audrey Tautou, Benoît Poelvoorde, Alessandro Nivola, Marie Gillain...
Sortie le 22/04/2009
Gabrielle Chanel, pauvre fille de colporteur élevée à l’orphelinat, gagne sa vie comme couturière le jour, et comme chanteuse de cabaret le soir. Elle rencontre un jour Etienne Balsan, riche éleveur de chevaux, et s’impose dans sa vie afin de sortir de sa condition misérable et sans avenir.
Encore un biopic, et j’ajouterai même, encore un biopic sur Coco Chanel. Difficile de savoir à quoi c’est dû, mais Coco est à la mode, puisque films et téléfilms sur sa vie fleurissent sur nos écrans cette année. Anne Fontaine choisit de se concentrer sur la jeunesse de Gabrielle et sur les années qui ont précédé la création de la maison Chanel.
Enfin, concentrer n’est pas le mot qui convient. Au contraire, j’ai même trouvé le tout un peu trop dilué. Deux heures de film, au rythme aussi plat que l’encéphalogramme d’un comateux profond, le caf’conc’ à Moulins, Balsan, Royalieu, Boy Capel, Deauville, Paris, rideau. Le temps s’écoule au goutte à goutte, chaque chose arrivant en son temps, sans à-coup. On ressent fortement à quel point la vie de la bonne société de la Belle Epoque était ennuyeuse, compassée, étouffante, et on comprend pourquoi Coco a voulu secouer tout ça. Mais le spectateur, lui, a surtout envie de secouer la réalisatrice et de lui rappeler qu’elle n’est pas en train de faire une télésuite, ni un documentaire.Bien sûr, c’est joli à regarder. Les décors sont soignés, les fêtes sont animées, et Coco est toujours élégante, dans sa tenue d’équitation, dans sa robe noire à Deauville, dans son tricot de marin, et même courant dans la rue en pyjama. Et bien que son destin soit justement de changer la mode, il n’empêche que les dames en corset et grands chapeaux à plumes sont aussi très belles.Côté interprétation, je ne suis pas sûre d’avoir été totalement convaincue par Alessandro Nivola. Il est certainement très séduisant, d’ailleurs attention mesdames, s’il vous souriait pendant que vous descendez un escalier, il pourrait vous faire rater une marche. Cela dit, je n’ai pas pu me défaire de la nette impression qu’il pratique le français comme moi le serbo-croate, et qu’il récitait un texte appris phonétiquement. C’est assez désagréable et il y perd une crédibilité qu’il ne peut pas vraiment compenser par l’intensité de ses regards.
Audrey Tautou a certainement les yeux et la silhouette qu’il fallait pour devenir Coco, et ses scènes de la fin du film, cheveux courts, clope au bec et perles autour du cou, sont dignes du musée Grévin. Mais, peut-être à cause de la mise en scène, je n’arrive pas à trouver le personnage exaltant. L’ambitieuse Coco n’est jamais satisfaite, veut toujours plus, ne veut pas être comme les autres, ne sait pas ce qu’elle veut, en fait. Et Audrey Tautou tire par conséquent la gueule pendant les deux tiers du film. Quand elle décroche enfin un sourire, c’est pour regarder Boy d’un air énamouré que j’ai trouvé parfaitement niais. Etrangement, c’est quand elle se tait qu’elle devient intéressante. Quand elle observe, et qu’entre en action l’œil de la future styliste, celle qui modèlera le canon de beauté féminin du XXème siècle.
Toutefois, la vraie bonne idée du casting, c’est Benoît Poelvoorde. Il a le dandysme du personnage, son élégante excentricité, sa nonchalance, et il évite la surenchère à laquelle il nous a habitués. Il est, à vrai dire, le seul à avoir réussi à m’émouvoir.
Mais en fin de compte, quel était le propos du film ? C’est ce que je n’ai pas réussi à déterminer. Qu’a voulu raconter Anne Fontaine ? S’agit-il de narrer la réussite de Coco ? Sa relation avec Balsan ? Son histoire d’amour avec Arthur Capel ? Comment savoir, puisqu’on arrive au bout de rien. Anne Fontaine a voulu restreindre son propos, mais elle est quand même partie dans plusieurs directions, et au final tout est commencé et rien n’est exploité à fond. Raconter Coco avant Chanel est un parti pris original, mais il s’avère plutôt réducteur, et frustrant, comme une histoire sans chute, ce qui est stupide s’agissant de la biographie d’une personnalité très connue.Cela dit, plongée comme je le suis dans l’univers austénite, je n’ai pas pu m’empêcher de retrouver dans cette histoire les mêmes genres de considérations qu’avaient un siècle plus tôt les gens du milieu de Balsan, pour qui le travail était vulgaire, le mariage était une transaction, l’amour une prise de risque et une source de souffrance, et l’ascension sociale d’une personne de rang inférieur à regarder comme méprisable et peu souhaitable. Et l’on admire d’autant plus la détermination qu’il fallait pour se construire elle-même au lieu de se contenter d’être entretenue par un homme riche. Et la scène finale, pur moment de poésie où Coco, à jamais Mademoiselle, contemple son succès, a presque réussi à me tirer des larmes. Grâce à la musique de Desplat, sans doute, mais malgré les deux heures d’ennui qui avaient précédé, quand même.May 02 "J'éprouve vraiment du respect pour lui, on le trompe si aisément !" J’aurais aimé acquérir le ravissant et si peu onéreux exemplaire de Lady Susan édité par Folio, malheureusement aucun des libraires que j’ai visités ne l’avaient plus. Je me suis donc rabattue sur cette édition à la couverture beaucoup plus neutre et moins engageante, qui a l’avantage de contenir aussi The Watsons et Sanditon. Avantage négligeable en ce qui me concerne, puisque je possède déjà Sanditon, que je compte bien lire au moins une version achevée de The Watsons, et que la couverture à la tasse de thé me plait tellement que si je tombe dessus, je l’achèterai quand même. Mais dans l’intervalle, j’ai au moins pu avancer dans mon challenge.Lady Susan
De Jane Austen
Lady Susan va s’installer chez son beau-frère, Mr Vernon, dont elle dépend financièrement. Séduisante veuve de 35 ans aimant le luxe et les mondanités, elle cherche à se remarier avec le meilleur parti possible, tout en entretenant une liaison avec un homme marié. Elle a également des projets pour sa fille, Frederica. Mais fera-t-elle réellement croire à ce personnage de veuve éplorée, de sœur aimante et de tendre mère pour lequel elle veut se faire passer, même aux yeux de sa belle-sœur, Mrs Vernon, qui a toutes les raisons de se méfier d’elle ?
Dans cette courte et inachevée œuvre de jeunesse, Jane Austen nous expose les manigances de Lady Susan et les inquiétudes de sa belle-sœur, Mrs Vernon, sous forme de lettres que s’envoient les personnages. Lady Susan est très habile à séduire les hommes et à les convaincre qu’elle est blanche comme l’agneau, et peu de gens sont aptes à discerner sa vraie personnalité tant elle est bonne actrice. Heureusement pour nous, lecteurs, c’est avec une grande franchise qu’elle raconte ses exploits à son amie Mrs Johnson, ce qui nous permet assez vite de la percer à jour. Au contraire de Reginald de Courcy, frère de Mrs Vernon qui, bien que prévenu contre elle, vient s’ajouter à la liste de ses victimes.
Je n’ai pas une opinion bien arrêtée du roman épistolaire. Autant je trouve Papa-Longues-Jambes parfaitement génial, autant Les Liaisons Dangereuses m’a été une torture, à mon avis une histoire passionnante complètement gâchée par la façon décousue dont elle nous est racontée. Jane Austen s’est aussi essayée à l’exercice, il faut dire qu’à son époque le genre était à la mode. Pour autant, elle n’a finalement jamais publié de roman épistolaire, privilégiant pour ses ouvrages une narration plus classique, à la troisième personne, et généralement concentrée sur le point de vue du seul personnage principal.
En plus d’être écrit sous forme de lettres, Lady Susan est une curiosité dans l’œuvre d’Austen à d’autres titres. Les héroïnes des ses autres romans sont généralement des jeunes femmes plutôt fines et intelligentes, avec un solide sens moral, qui voient leurs propres défauts et erreurs avec lucidité, et ceux des autres avec amusement. Lady Susan Vernon, au contraire, est précisément de ces gens qu’Austen critique et tourne habituellement en ridicule : ceux qui confondent principes moraux et codes de conduite de la bonne société, qui respectent un certain nombre de règles en apparence, pour se donner un vernis de bonne réputation, mais qui n’agissent en réalité que pour leur propre plaisir et bénéfice.
Le pire, pour moi, n’est pas tant que Lady Susan agisse mal. Je pourrais l’admettre, si elle s’en rendait compte. Mais elle ne se soucie pas le moins du monde de savoir si ce qu’elle fait est bien ou mal, et si cela aura des conséquences fâcheuses sur d’autres personnes. Je n’ai que haine et mépris pour les gens à tel point dépourvus d’empathie qu’ils ne se rendent même pas compte que les autres ont également des sentiments, ou des opinions. Lady Susan s’est créé son petit monde parfait dans sa tête, et elle y croit dur comme fer, au point de se mentir à elle-même. Elle manipule chacun pour qu’il s’y conforme de gré ou de force, et se pose en victime chaque fois que quelqu’un renâcle à satisfaire ses désirs, comme si le monde devait tourner autour d’elle. C’est particulièrement vrai dans le cas de sa fille, Frederica, qu’elle décrit comme une enfant difficile, capricieuse et têtue qui n’a de cesse de la tourmenter, alors que Mrs Vernon dit d’elle qu’elle est douce, effacée et timide, et tout simplement terrorisée par sa mère.
Je n’ai pas pris autant de plaisir à Lady Susan qu’aux autres des livres d’Austen. Pourtant, sa plume acérée et ironique est bien marquée ici, ainsi que la critique des mœurs de son temps. Mais le livre est sans doute trop court, l’action n’est pas suffisamment analysée, et les personnages ne sont pas assez développés, sauf Lady Susan qui m’est bien trop antipathique. Mrs Johnson et Mr Manwaring me semblent être bâtis sur le même modèle, parasites coureurs de dots et hypocrites. Aucun personnage ne mérite que l’on s’y attache avec passion. La pauvre Frederica est si insignifiante qu’elle en est transparente, Charles Vernon est bien trop indulgent. J’aurais pu avoir de l’affection pour Catherine Vernon et sa clairvoyance, si seulement elle prenait les choses en main au lieu de geindre. Quant à Reginald, je comprends qu’il se fasse prendre au piège une fois, cela prouve même son esprit ouvert, son absence de préjugés et sa volonté de juger par lui-même. Mais changer d’opinion autant de fois est la marque des girouettes.
La conclusion est aussi très brutale, et assez frustrante. S’il y a bien une résolution, cette fois, pas vraiment de châtiment pour les mauvais, encore qu’ils sont si égocentriques qu’ils tendent à considérer le plus petit désagrément comme une persécution du destin qui s’acharne contre eux, mais passons. Pas de récompense pour les bons non plus, car vu la façon dont ça se goupille pour eux, je ne me permettrai même pas d’espérer que Réginald ou Frederica soient heureux pour toujours. Au mieux peut-on se réjouir pour Mrs Vernon qu’elle ait recouvré une certaine sérénité.
En fait, il manque décidément à Lady Susan un couple de héros dignes d’entrer dans le panthéon austénien. Car sans belle histoire d’amour, disons le tout net, le talent de Jane Austen ne fait pas autant d’effet. Alors bien sûr, il faut prendre ce roman pour ce qu’il est, une ébauche, une œuvre peu travaillée et qui, en fin de compte, n’était pas destinée à être lue par un large public. N’étant ni universitaire, ni austénite professionnelle apte à apprécier la belle écriture en tant que telle, je rangerai donc ce livre dans ma bibliothèque et me contenterai de rêver au merveilleux roman que Lady Susan aurait pu être.
April 28 Lettre O de mon challenge ABC 2009De la décadence des révolutions due aux effets corrupteurs du pouvoir
La Ferme des Animaux
(Titre original : Animal Farm)
De George Orwell
Sentant sa mort prochaine, Sage l’Ancien le cochon réunit autour de lui tous les animaux de la ferme pour leur raconter son rêve d’un monde où les bêtes seraient leurs propres maîtres, libérés du joug des humains. Quelques temps plus tard, sa prophétie se réalise, quand poules, chevaux, chiens et moutons chassent Mr Jones de la Ferme du Manoir et en prennent le contrôle, après l’avoir rebaptisée « Ferme des Animaux ». Pleins d’espoir, ils commencent à organiser leur société nouvelle, sous l’autorité des cochons, jugés d’intelligence supérieure.
« Y aura des jardins, de l’amour et du pain… » comme disait la chanson. On leur avait promis le temps des cerises. Espoir et désillusions d’un peuple, quand les élites avec qui il se bat au nom d’un idéal et à qui il fait confiance au point de leur confier son destin le trahissent et l‘utilisent, exactement comme l’oppresseur qu’ils avaient chassé.
Pour attaquer Orwell, La Ferme des animaux est, en principe, parfait puisque court (10 chapitres) et très accessible. J’ai cependant mis des semaines à le lire, car après l’avoir entamé, je suis restée inexplicablement coincée au chapitre 6, et quand je l’ai repris, j’ai dû tout recommencer au départ. Manque de motivation, sans doute. J’avais l’impression d’être en train de lire quelque chose d’intéressant mais pas majeur, ni nouveau ni surprenant. Ecrite comme une sorte de fable à la La Fontaine, La Ferme des Animaux est une métaphore du stalinisme tellement limpide qu’elle en est simpliste. Elle manque même singulièrement de subtilité. On peut sans difficulté rebaptiser chaque personnage par la figure historique qui l’a inspiré : Sage l’Ancien est Karl Marx, Napoléon est Staline, Boule-de-Neige est Trotski, Malabar est Stakhanov, Jones est Nicolas II, etc…
Il semble, du moins c’est ce que j’ai lu dans l’analyse de texte proposée dans mon édition, qu’Orwell appartenait à une génération d’auteurs très politisés, plus préoccupés de faire passer un message que de travailler leur style d’écriture. Au moment où La Ferme des Animaux a été rédigé, le modèle soviétique suscitait l’admiration en Europe, surtout face à la montée du fascisme. Orwell n’a sans doute voulu laisser aucune ambiguïté quant à ce qu’il pensait de l’hypocrisie et des mensonges des puissants de Moscou, et de l’aveuglement de ceux qui les suivaient. Réalisme à tout prix, même dans la figure de style, au détriment de la belle lettre, sans doute.
Et puis, aujourd’hui même, alors que je venais de refermer la dernière page, j’ai entendu un reportage à la radio qui m’a fait penser que, même à notre époque où tout est vu, entendu, enregistré et archivé, les hommes de pouvoir se permettent encore de nous dire blanc en janvier, puis noir en août, et faire comme si de rien n’était.
Alors quoi ? Est-ce à dire que le pouvoir corrompt ? Qu’il y a toujours un dominant et un dominé ? Que nous finissons systématiquement, quelle que soit notre bonne volonté de faire changer le monde, par agir comme des moutons gouvernés par des porcs ? Manifestement, oui.
Alors certes, à un niveau aussi élémentaire, on a du mal à être vraiment informatif sur le totalitarisme stalinien de nos jours. Pour autant, la lecture de ce livre n’aura pas été inutile. L’écriture est agréable, pour autant que je puisse en juger car je l’ai lu en français, et ne manque pas d’ironie, ce que je sais toujours apprécier. Et j’ai été émue aux larmes du sort du courageux et confiant cheval Malabar. Je crois que j’aimerai d’avantage 1984, qui trouve sûrement plus d’écho par les temps qui courent. Et Orwell sera la passerelle qui me mènera vers Wells, Huxley ou Bradbury.
April 25 Dolichocéphale ou brachycéphale ? That is the question !L'homme au complet marron
(Titre original : The man in the brown suit)
d'Agatha Christie
Fille d’un éminent paléontologue, Anne Beddingfeld se retrouve seule au monde et sans le sou à la mort brutale de son père. Le bon sens voudrait qu’elle se trouve un mari qui s’occuperait d’elle. Seulement voilà, Anne n’est pas raisonnable, elle s’ennuie dans son village anglais et elle rêve d’aventures. Maintenant qu’elle n’a plus de comptes à rendre à personne, elle va profiter de sa liberté.
Or, à peine arrivée à Londres, elle assiste à un drame : sur le quai du métro, un homme tombe sur les rails et meurt. Tragique accident ? Suicide ? Plusieurs détails donnent à Anne la curieuse impression que quelque chose ne colle pas. Sur la base de quelques indices, elle se lance dans une enquête qui va la mener jusqu’en Afrique du Sud.
Attention à ce qu’on souhaite, on pourrait bien finir par l’obtenir. Anne cherchait l’aventure et le mystère, la voilà servie. Mais pas d’aventure sans une bonne dose de risque. Certes, ses compagnons de voyage sont des personnages hauts en couleur, agréables à côtoyer. Sauf qu’ils sont tous, à des degrés divers, mêlés à l’affaire de l’homme au complet marron.
L’Afrique du Sud, bien que fascinante, fourmille de dangers. Falaises, fleuves immenses et leurs îles, mines de diamants avec les trafics innombrables qui se font autour, grèves et situation politico-sociale digne d’une poudrière. Anne s’apercevra bien vite qu’elle a mis les pieds dans une affaire bien plus complexe et ancienne qu’elle le pensait, dont les ramifications la dépassent de loin.
Heureusement, elle est maligne et pleine de ressource. Et comme il ne saurait y avoir d’aventure dans la savane sans une héroïne tête brûlée et grande gueule et un héros bourru et bourlingueur, Madame Agatha n’a pas manqué d’ajouter son habituelle touche de romance.
L’homme au complet marron est plus proche du roman d’aventure et d’espionnage que du roman policier à proprement parler. Nous sommes loin de l’ambiance feutrée d’un fumoir anglais où un monsieur à la moustache brillantinée chercherait à démontrer, à la manière Cluedo, qui a mis de l’arsenic dans le chocolat de tante Clarissa et comment le cousin Gontran a été poussé dans l’escalier. Ici, on nous emmène en voyage. Avec des gens charmants, qui plus est : Mrs Blair, une mondaine richissime et très affectueuse. Le Colonel Race, un ancien agent des services secrets britanniques ténébreux et séduisant. Et l’amusant Sir Eustace Pedler, un politicien qui aimerait couler une retraite tranquille mais qui est tyrannisé par son secrétaire particulier, le trop zélé Pagett. La qualité de ce livre est que les chapitres alternent le récit d’Anne et les extraits du journal de Sir Eustace. L’enthousiasme de la jeune fille quand elle raconte ses péripéties trouvent un bon contrepoint dans le ton mi-détaché mi-exaspéré du diplomate. J’admets que ça a d’abord été un écueil pour moi, aux premières lectures, parce que j’ai la mauvaise habitude de ne jamais lire les titres des chapitres. (Difficile de s’y arrêter quand on est en plein dans l’action.) Mais le point de vue de Sir Eustace peut se révéler essentiel, dans les moments où Anne ne se trouve pas avec lui. Et bien sûr, les révélations finales rendent le procédé d’autant plus savoureux.
L’homme au complet marron est l’un des premiers livres d’Agatha Christie. C’est aussi, à mon avis, l’un des meilleurs. Très adaptable au cinéma.
April 20 Aussi dur à cuire qu'un crocodileOSS 117 : Rio ne répond plus...
De Michel Hazanavicius. Avec Jean Dujardin, Louise Monot, Alex Lutz, Pierre Bellemare...
Sortie : 15 Avril 2009
En 1967, Hubert Bonisseur de la Bath, toujours agent aux services secrets français, est envoyé au Brésil afin de remettre une somme d’argent à un ancien officier allemand en échange d’une liste de noms de personnalités françaises ayant collaboré sous l’occupation. Mission simplissime en apparence, presque des vacances. Mais sur place, les choses se révèlent moins faciles que prévues.
J’ai adoré Le Caire, nid d’espions. En fait j’ai été pliée de rire d’un bout à l’autre. Tout me paraissait réussi : la reconstitution d’un film fait « à la manière de », en l’occurrence, à la manière des films des années 50, décors, costumes, gestuelle et phrasé des acteurs, mouvements de caméra… Même la stupidité du héros était adroitement exploitée. Les dialogues sont émaillés de répliques destinées à devenir cultes, et l’humour, qui tirait par moment sur un absurde que tout le monde n’a pas apprécié, parvenait à ne pas trop forcer le trait, sauf quand le trait fort était justement l’intérêt du gag.
En tout et pour tout, je crois n’avoir trouvé que deux choses qui ne m’ont pas fait rire dans ce film : la vanne minable sur le gratin cairote, consternante mais qui avait au moins l’intérêt de démontrer quel sens de l’humour désastreux possède OSS 117, et le traitement lourdingue et puéril de sa possible ambigüité sexuelle. Choses sur lesquelles on pouvait aisément passer l’éponge pour s’en tenir aux scènes excellentes où le héros court dans les rues du Caire, apprend le mambo en trois secondes, chante Bambino en s’accompagnant d’un « gros tourteau fromager » ou s’extasie sur la grandeur du peuple égyptien devant le Canal de Suez. Aussi attendais-je avec une certaine impatience cette suite, qu’on nous annonçait comme « pareil, mais en mieux ». Malheureusement, Hazanavicius et son équipe sont tombés en plein dans le piège de la suite, se contenter de ce qu’il y avait de facile et médiocre dans le premier pour bâtir le second.
Certes, les codes des films des années 60 sont bien là, robes courtes, psychédélisme et flower-power, split-screens et grosses lunettes de soleil, mais bien sûr, l’effet de surprise occasionné par la réussite visuelle qu’était Le Caire, nid d’espions ne peut pas être reproduit une seconde fois pour Rio ne répond plus. On ne peut pas non plus reprocher aux acteurs d’être mauvais, ils sont impeccables. Dujardin est habité par son personnage. A peine pourrait-on reprocher à Louise Monot de recopier un peu trop ce qu’à fait Bérénice Béjo, mais ce n’est sans doute pas de sa faute, difficile de se démarquer quand les deux personnages sont aussi proches.
Le Caire, nid d’espions était un film brillant sur un type stupide. Pour le comprendre et l’apprécier, il fallait des références, de la culture, un bon sens du second degré. En clair, le spectateur sentait qu’on faisait appel à son intelligence, et ça le valorisait. Rio ne répond plus, au contraire, tire sur de grosses ficelles, est sans surprise, sans subtilité. Le trait est lourd, très lourd.
Certaines scènes et répliques m’ont fait rire, quand même. Mais globalement, c’est plutôt une grosse déception.
April 15 Et quand est-ce qu'on passe la cinquième ?Fast & Furious 4
(Titre original : Fast & Furious)
De Justin Lin. Avec Vin Diesel, Paul Walker, Jordana Brewster, Gal Gadot, Michelle Rodriguez...
Sortie : 8 Avril 2009
Cinq ans après les événements de Fast and Furious, Dom Toretto, fugitif en cavale, et Brian O’Conner, agent du FBI, se retrouvent à Los Angeles. Tous deux cherchent à coincer un baron de la drogue, mais pour des raisons et avec des motivations différentes. Pour atteindre leur but, ils vont cependant devoir collaborer. En faisant ce qu'ils font le mieux : tenir le volant et appuyer sur l'accélérateur.
Petit résumé pour ceux qui auraient raté ou oublié les épisodes précédents. Dans Fast and Furious, Brian O’Conner, alors policier à Los Angeles, infiltre le milieu des rodéos sauvages pour démanteler une bande de pilotes qui braquent des semi-remorques sur l’autoroute. Après avoir dragué Mia Toretto, il rencontre son frère Dominic, mécanicien et pilote hors pair, et sorte de grand frère spirituel du quartier. Une fois ses preuves faites, Brian, intègre le groupe de Toretto. Quand il finit par découvrir que Dom lui-même est à l’origine des braquages, il est déjà trop tard : non seulement Brian est tombé amoureux de Mia, mais il a appris à respecter Dom et cette curieuse philosophie de la vie de kamikaze qu’il professe. Aussi, quand le dernier braquage tourne au vinaigre, Brian révèle sa trahison et permet à Dom de s’enfuir. (Grosso modo, c’est un remake de Point Break, en fait. Avec des bagnoles à la place des planches de surf.)
Puis, tandis que Brian efface son ardoise au soleil de Floride (dans 2Fast 2Furious), Dom, planqué en République Dominicaine, remonte son business de truck-jacking (ce qu’on voit dans la scène d’ouverture de Fast and Furious 4) avec Letty et de nouveaux complices, dont l’un, Han, partira ensuite pour Tokyo (et qu’on retrouve donc dans Fast and Furious: Tokyo Drift).
Voilà pour la chronologie. Qui peut avoir son utilité si on cherche vraiment à comprendre le film. Maintenant, ne nous voilons pas la face, la saga Fast & Furious n’est en rien une grande épopée dramatique. C’est un film d’action dans le plus pur sens du terme, c'est-à-dire que la qualité des scènes d’action prime sur la qualité du scénario. Toute tentative pour faire croire au spectateur qu’il y a un peu de fond est totalement vaine, et d’ailleurs on le savait avant de venir. C’est pour entendre rugir les moteurs qu’on est venus, et on est servis. Copieusement.
Je m’étais épargnée 2Fast 2 Furious et Tokyo Drift, parce qu’on m’avait prévenue que c’étaient des vraies daubes. Pire que pire, donc. Mais Fast and Furious est pour moi un film culte. Il me ramène aux belles heures de ma vie d’étudiante, quand je consacrais avec ma meilleure amie des week-ends entiers, nuits comprises, au mangeage de pop-corn et autre junk-food, et au visionnage de films sans intérêt artistique mais avec un réel intérêt esthétique. Comprenez : au matage de beaux mecs. L’amie en question et moi-même n’avons pas toujours des goûts concordants en la matière, mais de même que nous avions trouvé un compromis, à l’époque, sur Will Hunting (elle aimait Ben Affleck, je préfère Matt Damon), Fast and Furious, avec son duo de héros, nous avait offert la même opportunité. J’ai craqué sur Paul Walker, elle a totalement fondu pour Vin Diesel. Ce qui nous a amenées à voir toute sa filmographie, comme celle de Ben Affleck d’ailleurs, et aussi de Mark Wahlberg et de quelques autres car je n’avais pas souvent le dernier mot au vidéostore, mais c’est un autre débat.
Ce que je veux dire par là, c’est que pour moi, Fast and Furious, c’est Vin Diesel ET Paul Walker, et s’il en manque un, ou les deux, ça ne peut pas marcher. Aussi, quand j’ai su qu’un numéro 4 allait sortir, avec le casting original, me suis-je promis d’y aller, vaille que vaille, et même si je me fais trop vieille pour ces conneries.
Jouant toujours sur les mêmes effets, jolies poupées très court vêtues, frimeurs qui se la racontent et bolides bien trafiqués, Fast and Furious 4 est néanmoins plus sombre que le premier épisode. Nos deux pilotes ont cette fois affaire à de vrais méchants, de ceux qui flinguent et qui trafiquent de la drogue. L’heure n’est plus à la rigolade, on est passé à la vitesse supérieure. Heureusement, Brian n’est plus le jeune qui n’en veut, éperdu d’admiration face à son mentor. L’élève s’est hissé au niveau du maître, et c’est autant côté à côte que l’un contre l’autre qu’ils vont devoir courir.
A nouveau dans la peau du personnage qui a fait sa gloire, Vin Diesel est rigoureusement le même qu’il y a huit ans, impressionnant et imperturbable, à peine quelques rides supplémentaires au coin des yeux.
Paul Walker, en revanche, a nettement gagné avec les années. Il faut dire que la clarté de son sourire et de ses yeux est mieux mise en valeur par une coupe de cheveux courte et un rasage soigné que par des bouclettes blondes de beach boy. Dommage que l’effort ne soit pas maintenu et que le sobre costume d’agent fédéral soit trop souvent sacrifié aux bons vieux T-shirts informes.
Et les voitures, qui sont quand même l’intérêt principal du film pour une grosse proportion du public, elles ne sont pas écologiques ou hybrides (hell, no !), elles vrombissent et elles foncent, elles font partie de ces plaisirs coupables et déraisonnables qu’on s’accorde parfois. Et pour moi qui suis en général allergiques aux scènes d’action et qui suis capable d’avoir le mal des transports dans un cinéma, j’ai donné à fond à fond. La formule fonctionne toujours.
April 13 "L'amour sera toujours victorieux de la haine, il le faut bien pour que l'humanité survive"Nord et Sud
(Titre original : North and south)
De John Jakes
Durant les vingt ans qui précèdent la guerre de Sécession, deux familles, l’une du Nord des Etats-Unis, l’autre du Sud, s’efforcent de maintenir leur liens d’amitié malgré leurs vues différentes sur la politique et le développement économique du pays, et notamment sur l’esclavage.
Ce Nord et Sud n’a rien à voir avec celui d’Elizabeth Gaskell, que je lirai sûrement aussi, quand j’aurai fait le tour de George Eliott, de Jane Austen et des sœurs Brontë. Celui-là est américain, date de 1982 et fait partie des très nombreuses œuvres de littératures que la guerre civile américaine a inspirées. C’est en fait le premier tome d’une trilogie dont chaque volume traite respectivement de la marche à la guerre, du conflit et de la Reconstruction.
C’est d’abord en tant que feuilleton télévisé que j’ai connu Nord et Sud. Cette série, qui jouait très fortement sur un effet de mimétisme avec Autant en emporte le vent , avait un casting prestigieux. Les rôles principaux étaient interprétés par Patrick Swayze, 2 ans avant Dirty Dancing, Kirstie Alley, 4 ans avant Allo Maman, ici Bébé, ou James Read, 16 ans avant Charmed mais 2 ans après Remington Steele (ce qui fait de lui la star du show à l’époque, comme quoi le succès c’est quand même aléatoire car, désolée, c’est vraiment ce que j’ai trouvé de plus significatif dans sa filmo…). On trouve aussi dans des rôles secondaires Olivia de Haviland, Elizabeth Taylor, Gene Kelly, Robert Mitchum…
Comme elle est repassée récemment sur Arte, j’ai pu constater une fois de plus son kitschisme, qui est d’origine et n’est pas du tout dû au vieillissement. Mais j’ai surtout pu remarquer, ce que je n’avais pas fait au dernier visionnage il y a une dizaine d’années, à quel point une saga de ce genre peut être intéressante, et même pédagogique, car la multitude de personnages permet d’aborder autant de points de vue sur la situation compliquée des Etats Unis dans les années 1850.
En 1842, Orry Main, fils d’un planteur de riz de Caroline du Sud, et George Hazard, fils d’un maître de forge de Pennsylvanie, se rencontrent sur la route de l’académie militaire de West Point. Leur amitié immédiate se trouvera renforcée par les années d’étude, puis par la guerre du Mexique qu’ils feront côte à côte. Cette amitié s’étendra ensuite à leurs deux familles, qui deviennent aussi partenaires en affaires.
Mais au milieu de XIXème siècle, avec l’extension des territoires vers l’ouest, le fossé qui sépare les états du Sud, agricoles et esclavagistes, et les états du Nord, industriels, se creuse de plus en plus profondément. Les deux clans ne parviennent pas à concilier leurs positions. La sœur de George, Virgilia, est une abolitionniste fanatique, tandis que celle d’Orry, Ashton, fait partie des « maîtres » cruels qui abusent de leur autorité sur leurs esclaves. Si les autres ont des vues plus modérées et veulent surtout maintenir l’union nationale, il n’en reste pas moins que George exècre l’esclavage par principe, et qu’Orry ressent pour la Caroline du Sud un patriotisme farouche qui le rend très colérique lorsque les yankees viennent donner des leçons aux sudistes.
Malgré le profond attachement qui les lie, les deux familles se trouvent séparées lorsque le pays se scinde en deux.
J’ai trouvé un exemplaire de ce roman chez un bouquiniste, et c’est un peu un coup de bol parce que pour trouver ce livre en français, mieux vaut se lever de bonne heure. D’un autre côté, peut-être aurait-il mieux valu le lire en anglais. Plusieurs noms de personnages, sans doute trop originaux, ont été changés (Tillet, Orry, Ashton et Brett sont devenue Théo, Harry, Anne et Beth) et j’ai un peu peur que d’autres liberté aient été prises à la traduction.
En dehors de ça, c’est un bon roman, plutôt prenant. Les personnages sont sympathiques et on s’attache suffisamment à eux pour poursuivre la lecture afin de savoir ce qu’ils deviennent.
Le vrai problème est que l’auteur a trop voulu inscrire sa petite histoire dans la grande, et il a truffé son récit de références à des événements et des personnages historiques. Sauf qu’il s’est contenté de balancer des noms sans jamais rien approfondir ni expliquer, en supposant sans doute que les lecteurs, spécialistes de la politique américaine de la période pré-guerre, allaient immédiatement comprendre de quoi il s’agissait. Soit il en dit trop, et on sort complètement du récit pour entrer dans un livre d’histoire, soit il n’en dit pas assez, et on se prend à regretter qu’il n’y ait pas de notes de bas de page. Très honnêtement, mes connaissances sur la politique et l’armée de l’époque se limitent à Robert Lee et Fort Sumter, et j’ai eu besoin de Wikipédia tous les trois paragraphes pour savoir qui est qui, ce qui est assez parasitant.
Il se peut que je me procure les tomes suivants. Ou il se peut que j’attende encore dix ans et une nouvelle rediffusion de la série à la télé. Parce que si on peut passer sur le jeu quelque peu minaudier de Lesley-Ann Down, le jeu exécrable de Terri Garber, le jeu outrancier de David Carradine ou Philip Casnoff, c’est quand même le format qui convient le mieux à une saga de ce genre.
April 08 Non, ne me dites pas qu'il est trop tard...Persuasion
De Jane Austen
Anne Elliot est une beauté fanée et effacée de vingt-sept ans, seconde fille d'un baronnet veuf et prétentieux. Huit ans plus tôt, elle fut persuadée de rompre ses fiançailles avec Frederick Wentworth sous les pressions de sa famille et de Lady Russell, sa protectrice et amie la plus proche, qui estimaient que le jeune homme, officier de marine ambitieux mais pauvre, n'était pas digne d'elle.
Faisant face à des difficultés d’argent, Sir Elliot doit désormais louer sa propriété de Kellynch à l'amiral Croft et à sa femme. Tandis qu’il part pour Bath avec sa fille ainée Elizabeth, Anne s'installe un temps chez sa sœur cadette Mary, non loin de Kellynch. C’est alors que M. Wentworth, qui n’est autre que le frère de Mrs. Croft, revient dans la région avec un grade de capitaine et une fortune conséquente. Comment Anne, qui n’a jamais réussi à l’oublier malgré tous ses efforts, parviendra-t-elle à lui faire face alors que son attitude envers elle lui fait comprendre qu’il ne lui a pas pardonné ?
Persuasion est le dernier roman « achevé » d’Austen. Déjà très malade à l’époque où elle l’a écrit, elle n’a eu ni le temps ni l’énergie d’en rédiger une version aussi peaufinée qu’elle l’aurait sans doute souhaité. Aussi, contrairement à la plupart de ses autres romans qui ont l’air de bijoux parfaitement ciselés, Persuasion ressemble d’avantage à un diamant brut qu’on aurait commencé à tailler à grands coups mais qu’on n’aurait pas fini de polir. D’ailleurs, le livre est aussi le plus court des six. Si les caractères et les événements y sont bien définis, il y a des défauts manifestes, certaines situations ne sont pas exploitées à fond et trouvent leur résolution trop vite, trop facilement, certaines révélations sont cousues de fil blanc.
Malgré cela, beaucoup d’austénites le considèrent comme leur préféré, et j’ai moi-même pour lui une tendresse qui me le fait placer bon numéro deux dans mon classement. Sans doute parce qu’il y est question de rédemption et de seconde chance. Car que l’on doive payer les erreurs qu’on commet est à la base de ma philosophie, de même qu’on a le droit d’être absout une fois qu’on les a payées.
Dans tous les romans de Jane Austen, les protagonistes ont en commun de commettre des erreurs et de bien finir par devoir les admettre, mais aucune ne souffre et ne paie autant ni aussi longtemps qu’Anne Elliot. Et aucune n’assume sa part de responsabilité dans ses choix avec autant d’honnêteté et sans misérabilisme ni auto-complaisance. Elle a des regrets, évidemment, mais pas d’aigreur. Et si elle est consciente qu’elle n’est pas seule à blâmer pour son malheur, elle n’a pourtant pas de ressentiment vis-à-vis de ceux qui l’ont influencée. Mieux encore, elle conserve à Lady Russell toute son affection et sa confiance.
En fait, on pourrait penser qu’elle est trop bonne. Et vous savez ce qu’on dit : « trop bon, … » Sauf que, contrairement à quelques autres personnages austéniens auxquels on pourrait l’apparenter, comme par exemple Sainte Fanny Price de la résignation, qui vit aussi avec des gens qui la méprisent et qui croit que c’est son destin, ou encore Charles Bingley qui, lui aussi, s’est laissé convaincre par sa famille et son meilleur ami de ne pas faire ce qu’il voulait faire parce qu’il n’avait pas assez confiance en son propre jugement, Anne n’est pas trop bonne. Elle est simplement plus sage. Elle est lucide, elle supporte avec patience les gens exaspérants et observe avec plaisir les gens heureux. « Sérénité » est le mot qui caractérise le mieux son état d’esprit. Du moins, jusqu’à ce que le Capitaine Wentworth réapparaisse.
Persuasion offre par ailleurs toute une galerie de personnages, dont certains sont malheureusement assez manichéens. Les « méchants », en particuliers, sont clairement là pour être détestés, tels Sir Elliot et sa fille Elizabeth, véritables baudruches vaines et gonflées de leur propre importance ; où l’hypocrite intrigante Mrs. Clay. Ou encore l’hypocondriaque Mary, dont le besoin irrépressible d’être au centre de l’attention ne le dispute qu’à la capacité d’asséner avec force une chose et son contraire en moins de cinq minutes selon ses variations d’humeur. Les Harville et Benwick sont trop peu exploités, sinon pour des raisons purement utilitaires à l’intrigue. Heureusement, les autres sont un peu plus nuancés. Les Musgrove sont des gens sans grande éducation mais fondamentalement bons et des parents uniquement préoccupés du bonheur de leurs enfants. Les Croft forment un couple harmonieux et amoureux comme au premier jour. Henriette et Louise, envers qui le lecteur aurait pu avoir un a priori négatif dans les premiers temps, vu leurs rapports avec Wentworth, s’avèrent être des amies affectueuses et joyeuses à qui l’on pardonne d’être écervelées.
J’ai une affection particulière pour Charles Musgrove. Rarement mis en avant, il passe pour un peu fruste, gentleman-farmer uniquement intéressé par la chasse. Mais au détour de petites remarques, notamment quand il tient tête à sa femme, il se révèle un homme de bon sens, non dépourvu d’humour, et un véritable frère pour Anne dans une famille où le sang n’est pas suffisant pour en lier les membres.
Et puis bien sûr, last but not least, le prince charmant, dont le souvenir ne souffre aucunement d’être confronté à la réalité puisqu’il revient après huit ans d’absence avec un charme et une beauté intacte, magnifiés par les galons et la gloire gagnés au combat, et dont la fortune inspire un respect nouveau. Tout le défi, dans ce roman, est de parvenir à décrypter, à travers les yeux d’Anne (tournés souvent vers l’intérieur, d’où la difficulté), les pensées et les réactions de cet homme qui se veut froid et fuyant envers elle.
Alors on hésite, on tremble, on s’exalte avec Anne. Et si j’ai eu quelques difficultés à partager les certitudes qu’elle se fait par moments, tout est oublié quand arrive la fameuse scène-clé de la lettre, où chacun des héros exprime ses sentiments, elle métaphoriquement et sous couvert de parler de quelqu’un d’autre, et lui très ouvertement et franchement. Ouf ! Enfin une bouffée de franchise dans toute cette conventionalité ! C’est également l’illustration d’un autre thème du roman : la fidélité. Aussi désuet que cela puisse paraitre aujourd’hui, c’est une notion qui pouvait avoir son importance pour une femme de l’époque d’Austen, qui n’avait aucune garantie de pouvoir faire sa vie avec celui qu’elle aimait. La souffrance vaut sans doute mieux que le vide.
Un cœur fidèle, sage et serein. Il ne m’en faut pas plus pour qu’Anne Elliot soit ma préférée entre toutes les héroïnes d’Austen. April 01 Mes attractions désastresLove et ses petits désastres
(Titre original : Love and other disasters)
De Alek Keshishian. Avec Brittany Murphy, Matthew Rhys, Catherine Tate, Santiago Cabrera...
Sortie : 2007
Des trentenaires romantiques et exigeants, rêvant de la parfaite love story comme dans les films. Mais voilà, pour l'instant leur vie sentimentale peut être qualifiée en un seul mot : désastre ! Alors, l'amour comme dans les films, fantasme ou réalité ?
Emily Jackson, aka Jacks, assistante de rédaction à Vogue, Londres, est le pilier central de sa petite bande de potes, composée uniquement de filles hétéros et de garçons gays, un peu névrosés et avec de gros problèmes relationnels. Tallulah, gosse de riche, a passé toute sa vie à se rebeller contre son milieu social et collectionne les histoires sans lendemain, qu’elle ruine elle-même dès le départ. Finlay, artiste avant-gardiste (!), ne se remet toujours pas de la mort de son compagnon, dix ans plus tôt. Peter, écrivain et grand rêveur, n’a jamais eu d’histoire d’amour vraiment réelle et stable. Quant à Jacks, elle ne parvient pas à mettre fin à sa relation mal définie avec James, un garçon bien sous tous rapports mais dont elle n’est décidément pas amoureuse.
Malgré tout, chacun d’eux continue à croire que le grand amour leur tombera dessus comme par enchantement un beau jour. Et en attendant, si aucun ne fait d’efforts pour que sa propre situation s’améliore, tous se mêlent des affaires des autres afin de faire leur bonheur, même malgré eux.
J’avoue tout, ce film n’a jamais fait partie de ma liste de films à voir, et si je l’ai emprunté à mon videostore, c’est pour l’unique raison que Eliott Cowan est au générique, et qu’après une semaine à me gaver tous les soirs de Lost in Austen (vu dans le cadre de mon Challenge Austen 2009 et dont je ne manquerai pas de parler le moment venu), je voulais voir à quoi il ressemblait quand il n’était pas Darcy. Réponse : heureusement pour lui, un homme grand et large d’épaules le reste même sans manteau cache-poussière et avec le front dégarni, mais certains physiques conviennent mieux aux films en costumes. Ah, quel dommage ! Je lui laisse encore une chance, je verrai Happy-go-lucky avant de porter un jugement définitif. Sinon il restera Darcy, et ma foi c’est déjà pas si mal.
Love et ses petits désastres est une comédie romantique qui se veut une critique des comédies romantiques en général, mais qui n’évite pourtant pas les clichés du genre. Le résultat est donc assez mitigé. Parce que c’est bien beau de dénoncer les gens qui rêvassent, trouvent des excuses pour ne jamais s’engager (prise de risque ultra-mesurée, donc) et ne font rien en attendant que tout leur tombe tout rôti dans le bec. Car effectivement, nous ne vivons pas au Pays de Candy, et comme je dis toujours, le bonheur est un choix. Et l’amour aussi, par conséquent, je suppose. (Attention, je ne dis pas que c’est un choix facile, hein !) Cela dit, on est quand même dans une comédie romantique, et donc on sait à quelle conclusion s’attendre.
Parce qu’évidement (et le film le souligne bien, d’ailleurs), ce qu’on aime dans les comédies romantiques, ce n’est pas le suspense, c’est la comédie. Et là, pardon, mais il est passé où l’humour ? A part Catherine Tate qui m’a fait rigoler à chacune de ses scènes, peu de gags ou vannes ne m’ont ne serait-ce qu’amusée. C’était soit plat, soit de mauvais goût (le summum étant atteint dans la scène de la psy, où on touche à mon avis le fond du fond du nawak).
Mais il y a quand même quelques points positifs. D’abord, ça se passe à Londres, donc on échappe un peu à l’ambiance formatée des comédies américaines du genre. L’ambiance est différente, et Londres est quand même une chouette ville.
Et puis, j’aime Jacks. Parce que j’en ai assez qu’on nous serve à toutes les sauces l’héroïne « normale » qui crise sur son âge, son poids ou sa maladresse, (mais qui choppe quand même le beau mâle élégant et riche à la fin) sous prétexte que c’est plus facile de s’y identifier. Je me sens nettement plus valorisée quand on me propose de m’identifier à une working-girl super classe qui fréquente les soirées jet-set, qui possède des fringues géniales et des chaussures qui me font mal rien qu’à regarder la hauteur de leurs talons, toutes choses qu’elle porte avec une grâce incroyable, sans jamais rien tâcher ni froisser. Une fille cosmopolite qui a vu le monde et parle plusieurs langues, et qui est capable de fréquenter les milieux les plus superficiels aussi bien que les plus cultivés, tout en sachant toujours quoi dire aux gens qu’elle rencontre. Une fille vers qui tous les regards se tournent quand elle entre dans une pièce qu’elle va traverser d’un pas conquérant en saisissant au passage et sans même s’arrêter une coupe de champagne sur le plateau d’un serveur. Bref, pas la fille à qui on ressemble, mais celle à qui on aimerait ressembler. A part, bien sûr, sa peur de l’amour et sa propension à se balader toute nue chez elle, même quand il y a du monde. Brittany Murphy, que j’aime toujours beaucoup, incarne à la perfection cette classe, cette énergie cachée derrière sa voix grave et rauque qui ressemble presque à un murmure.
Le reste du casting est également très bon. Matthew Rhys est une vraie découverte : romantique réaliste anti-cynique rêveur, écrivain presque raté mais pas encore désespéré, et apparemment le personnage est une autobiographie de l’auteur-réalisateur, c’est dire le challenge que ça a été pour l’acteur.
Je vois Santiago Cabrera pour la première fois dans un rôle de jeune premier, (ça change des artistes camés et des militaires crades), et Oh My j’ai juste envie de réessayer d’apprendre le tango, si possible avec un partenaire qui peut le danser en jean et baskets parce que c’est juste trop sexy.
Quant à Catherine Tate, elle est ébouriffante. Comme je le disais plus haut elle est la caution comique du film, et j’ai été ébahie de découvrir que c’était sa première expérience au cinéma. Comment est-ce possible que le grand écran ne lui ait jamais offert d’opportunité avant cela ? C’est à peine croyable, avec un talent pareil. Mais la télé anglaise (qui est de qualité, faut-il le rappeler) a su compenser l’affront, et c’est avec d’autant plus d’enthousiasme que je me mettrai très bientôt au visionnage de Doctor Who.
March 30 Have MilkHarvey Milk
(Titre original : Milk)
De Gus Van Sant. Avec Sean Penn, James Franco, Josh Brolin, Emile Hirsh…
Et la participation exceptionnelle d’Anyta Bryant
Sortie : 04 Mars 2009
Le film retrace les huit dernières années de la vie d'Harvey Milk. Dans les années 70, il fut le premier homme politique américain ouvertement gay à être élu à des fonctions officielles, à San Francisco en Californie. Son combat pour la tolérance et l'intégration des communautés homosexuelles lui coûta la vie. Son action a changé les mentalités, et son engagement a changé l'histoire.
Harvey Milk est un film qui, sur le moment, m’a enthousiasmée mais qui, je dois bien l’admettre une semaine après, ne m’a pas laissé une empreinte indélébile. Ce film souffre malheureusement d’un léger effet démago. Parce que oui, on est de tout cœur avec Harvey, on est d’accord pour dire que l’homophobie c’est nul et on trouve qu’il a raison de se battre. Chaque petite victoire, chaque pas en avant nous envoie une grande rasade d’émotion dans la figure, avec la bande sonore qu’il faut pour aller avec, bien sûr. Sean Penn est un grand acteur, sans le moindre doute. Cela dit, s’il a mérité d’avoir l’oscar, ce n’est pas pour ce film-là que je le lui aurais décerné. Harvey est présenté de bout en bout comme un héros, presque comme un martyr de sa cause. J’exagère peut-être un peu mais on jurerait que sa seule erreur est de sacrifier sa vie personnelle à son ambition politique, et il le paie assez cher pour qu’on ne lui fasse pas de reproche à ce sujet.
Reste que Harvey Milk a une valeur historique indéniable, et rien que pour ça il fallait le voir. Incroyable de se dire que ces événements ont eu lieu il y a seulement trente ans. De me dire que je suis venue au monde à une époque où être homosexuel était non seulement mal vu par une grande partie de la population, mais aussi illégal. Le monde semblait avoir oublié Harvey Milk, ainsi que ceux avec qui et pour qui il s’est battu. Il fallait saluer leur mémoire et Gus Van Sant, en plein dans son combat, sort pour l’occasion de son trip bizarre-expérimental pour faire un film plus conventionnel sur la forme, mais très personnel sur le fond.
Du côté de l’interprétation, rien à redire. Sean Penn n’a jamais eu l’air aussi jeune, James Franco n’a jamais été aussi beau (surtout dans la deuxième partie), Emile Hirsh et Alison Pill sont tout simplement épatants et Josh Brolin est impeccable. Ceux qui peuvent se targuer d’avoir des goûts éclectiques en matière de cinéma (ce qui est généralement mon cas, mais pas à ce point) auront peut-être remarqué dans un rôle secondaire Lucas Grabeel, quatrième ligne sur l’affiche de la série High School Musical, preuve s’il en est que quand on travaille avec les bons réalisateurs, on peut échapper à la dure loi Hollywoodienne de l’étiquetage.
March 24 Suivez le lapin blancUne nuit à New York
(Titre original : Nick and Norah’s infinite playlist)
De Peter Sollett. Avec Michael Cera, Kat Dennings, Alexis Dziena…
Sortie : 18/03/2009
Nick, membre d'un obscur groupe de rock indépendant, vit une rupture difficile avec Tris. Norah vit dans l’ombre de son père, influent producteur de musique. Les deux jeunes gens se rencontrent par hasard un soir, à New York. Au cours d’une nuit de surprises et d'aventures passée à chercher le lieu mystérieux où doit se produire leur groupe préféré, Where’s Fluffy, ils vont découvrir qu'ils ont beaucoup en commun, à commencer par leur amour de la musique.
Il y a une chose tout à fait regrettable à propos de ce film, c’est son titre français. Le titre original, Nick and Norah’s infinite playlist, était beaucoup plus poétique et plus accrocheur. Plus évocateur aussi, car les prénoms des personnages principaux de cette histoire font assez probablement référence à Nick et Nora Charles, personnages d’un roman, adapté au cinéma dans les années 30 et à la télévision dans les années 50. Malheureusement, le couple emblématique « Nick and Nora », qui se chamaillent autant qu’ils s’adorent, ne signifient pas grand-chose pour les gens de l’hexagone, à moins d’avoir de solides notions sur cette partie de la culture télé américaine qui n’a pas, ou peu, traversé l’Atlantique. Logique donc que le titre ait été changé. Logique, mais dommage, car Une nuit à New York est suffisamment plat et sans saveur pour faire disparaître un bien joli film dans les limbes de la programmation des salles de cinéma.
Nick & Norah’s… est une sorte de teen road movie, une nuit de balade in ze city, entre meilleurs potes, partout où il y a de la musique et de l’animation. Une virée un peu folle qui manque plusieurs fois de tourner à la catastrophe, mais pleine de bons moments dont ils se souviendront. Une nuit où le temps s’arrête, pour une rencontre, pour régler quelques comptes et remettre tout à plat, pour s’éclater, pour oublier que demain la vie reprendra son cours et qu’il faudra retourner au lycée.
Un rythme soutenu, des rebondissements pas convenus, des scènes hilarantes, et surtout des interprètes excellents : Michael Cera (vu dans Juno), dont le talent n’est déjà plus à démontrer, et Kat Dennings (alias Sloane dans l’extraordinaire Raise your voice), duo romantique et adorable, entouré de seconds rôles remarquables (Alexis Dziena, bonne à baffer, Ari Graynor, Jonathan Wright…), voilà les points positifs de cette comédie qui m’a fait passer un très agréable moment.
March 21 A girl's got to do what a girl's got to doOne for the Money
de Janet Evanovich
(titre français : La prime)
Stéphanie Plum, trente ans, n'a plus de boulot, sa télé est au clou, sa jolie petite voiture vient d’être saisie et sa mère la harcèle. Dernier recours, faire chanter son répugnant cousin Vinnie, qui dirige une agence de cautionnement, pour qu’il lui donne un job.
Sauf que le seul job disponible est chasseur de prime remplaçant. Et le fugitif qu’elle doit appréhender, durant sa période d’essai, n’est autre que Joe Morelli, un flic accusé de meurtre. Un malin, un dur. Mais plus encore, un homme que Stéphanie a marqué d’une pierre blanche dans le calendrier de sa vie amoureuse. Autant dire que la lutte sera inégale. Mais puisque le frigo est vide, elle fera ce qu’il faut pour le remplir.
Two for the dough
de Janet Evanovich
(titre français : Deux foi n'est pas coutume)
Après avoir tiré dans le genou d’un vieil ami de lycée, Kenny Mancuso emprunte l’argent de sa caution à Vinnie, le patron et cousin de Stephanie Plum. Ensuite, il disparait. Quand le vieil ami est tué, Stéphanie joint à contrecœur ses forces avec celles de son sexy adversaire Joe Morelli, enquêteur affecté aux homicides. Dans le même temps, Stéphanie cherche aussi 24 cercueils volés pour le compte de Spiro, héritier du funérarium Stiva et également ancien copain de lycée de Kenny. Et pour compliquer les choses, sa Grandma Mazur décide de la seconder dans son combat contre le crime.
Three to get deadly
de Janet Evanovich
(titre français : A la une, à la deux, à la mort)
Stephanie Plum devient persona non grata quand elle est chargée par son cousin Vinnie d’appréhender Oncle Mo, propriétaire d’une confiserie très respecté dans le Burg qui ne s’est pas présenté au tribunal après avoir commis un délit mineur. « Oncle Mo ne peut pas avoir fait quelque chose de mal », voilà ce que lui disent tous ceux à qui elle pose des questions. Mais quand des hommes masqués viennent la menacer pour qu’elle abandonne son enquête, elle comprend que Mo n’est pas le saint homme qu’on croit, et qu’il trempe dans des affaires louches, et même dangereuses.
Si quand on vous parle de chasseuse de prime, vous pensez « Domino Harvey », oubliez. Stephanie Plum est son antithèse. Pas de collection d’armes cachées dans ses sous-vêtements, pas de réplique assassine quand elle met le grappin sur une cible. Elle fait ce boulot par obligation. D’accord, il y a des avantages : ça fait classe sur une carte de visite, et les horaires sont plus flexibles qu’à l’usine. Mais il y a aussi deux ou trois petites choses contraignantes. Il faut faire du sport pour se maintenir en forme (beuuuuuaaaaah !). Avoir des contacts dans les quartiers qui craignent. Posséder une arme. Ne pas avoir peur de s’en servir. Autant dire que Stephanie, fille de bonne famille du Burg de Trenton, n’est pas du tout à sa place dans le monde dur et macho de ceux qui combattent le crime à la frontière de la légalité.
Plébiscitée par une frange non négligeable de la blogosphère, Janet Evanovich est l’auteur d’un certain nombre, pour ne pas dire un nombre certain, de romans qu’on pourrait classer dans la catégorie chick lit’. Or j’avais juré « plus jamais de chick lit’ pour moi ! » et je le pensais. Becky Bloomwood avait fini par me filer des envies de meurtres à la carte bleue.
Sauf que tous les billets que j’ai lus sur la collection « Stephanie Plum » et consorts étaient élogieux, et surtout ils mettaient l’accent sur les sexy men dont Janet Evanovich a le secret, et sur les situations dangereusement hot dans lesquelles ils entrainent des héroïnes pas toujours réticentes. Vaincue par tant de « Essaie, tu vas voir comme c’est bien », j’ai capitulé et acheté les trois premiers volumes. En anglais, d’abord parce que c’est d’un niveau abordable, et que j’ai besoin de pratiquer, ensuite parce que les couvertures des versions françaises sont carrément trop laides.
Et voilà ce qu’il faut pour que je lise de la chick lit’ ! C’est à hurler de rire. Stephanie est un personnage génial pour ce qui est de se mettre dans les pires situations. Elle est capable de nier la réalité quand ça l’arrange, elle fonce droit devant en se promettant d’y réfléchir plus tard, et même quand elle est morte de trouille elle continue d’avancer, même si tous les capteurs indiquent que c’est suicidaire. Parce que quand faut y aller, faut y aller, et que rien ne peut aller contre une logique pareille.
En plus de ce comportement kamikaze, Stephanie a un karma pourri en ce qui concerne ses voitures. Elle adore les petites japonaises faciles à garer, elle se retrouve toujours avec des Buicks, au grand plaisir de son père qui ne conduit qu’américain. Ou alors ses voitures sont saisies, volées, bombées, rocketées.
Stephanie a une mère qui n’est pas juive mais qui en a le tempérament, et à laquelle elle ne résiste pas parce qu’elle sait faire des super desserts. Elle a aussi une grand-mère pas tout à fait sénile mais qui n’a plus tout à fait le sens des réalités, (l’a-t-elle jamais eu d’ailleurs ?) qui a pour hobby d’assister aux veillées mortuaires, et est très fière que sa petite-fille soit chasseur de primes. Elle a comme amie et partenaire Lula, une ancienne prostituée devenue secrétaire qui n’a pas sa langue dans sa poche.
Et surtout elle a pour coach Ranger, un latino-américain énigmatique, businessman-aventurier qui a bourlingué dans le monde entier, qui sait tout et dont on ne sait rien, sauf qu’il est le meilleur chasseur de primes du coin, et que ce n’est que le moindre de ses talents. Et il y a Morelli, fantasme ambulant, avec qui elle a de sérieux comptes à régler, d’autant qu’il continue à jouer au chat et à la souris avec elle.
Entre ces deux-là et la quantité de cinglés qui trainent dans le New Jersey, pas de doute que douze volumes ne sont pas de trop pour épuiser toutes les possibilités de Stephanie Plum. Vite, les trois tomes suivants !
March 18 Challenge Jane Austen 2009Lancé cette semaine par Fashion, voici un tout nouveau tout beau CHALLENGE (oui, je suis cinglée, on est mi-mars et je n’ai terminé qu’un seul livre de mon challenge ABC, et j’attaque un nouveau challenge, mais peu t’importe !) le challenge Jane Austen 2009, dont le principe est de lire (dans mon cas, de relire) tous les romans de Jane Austen, plus les inachevés, les œuvres de jeunesse, voire même ses lettres, et de voir toutes les adaptations possibles, films, téléfilms, séries télévisées. Etendre éventuellement aux livres et films inspirés de près ou de loin d’Austen, de ses œuvres, de son univers. Si on est motivé, lire une biographie. Si on est vraiment motivé (ce qui ne sera vraisemblablement pas mon cas, faut pas abuser non plus) lire un ouvrage critique de type universitaire sur son œuvre.
Comme j’adore Austen, et qu’à bien y regarder, j’ai déjà commencé le challenge sans le faire exprès, je fonce. La version de Mansfield Park de Patricia Rozema a déjà été vue et chroniquée, et, en attendant , voici un lien vers un billet sur différentes adaptations d' Orgueil et Préjugés que j'ai écrit il y a deux ans, plus mon billet sur Clueless.
Et pour commencer, après avoir repris les bannières proposées par Emjy et Yueyin et les avoir compilées à ma sauce, voici mes réponses au questionnaire d’Emjy.
1) Comment avez-vous découvert Jane Austen ? J’ai passé des années à l’éviter, rebutée que j’étais par l’épaisseur des livres et cette drôle d’idée que j’avais que Jane Austen, c’était guimauve, (en gros, du Barbara Cartland en un peu mieux écrit (shame on me, je sais !)). Puis, à force d’en entendre parler, j’ai fini par me dire qu’il faudrait qu’un jour je la lise. Ensuite, quand je me suis acheté un lecteur dvd, j’ai eu envie de voir par moi-même la fameuse scène du lac de l’adaptation d’Orgueil et Préjugés sur laquelle Bridget Jones et ses copines font une fixation. L’adaptation m’a donné envie de lire le roman. Le premier roman m’a donné envie de lire tous les autres, ce que j’ai fait dans la foulée. « Obsession Compulsive du Printemps 2007 ».
2) Avez-lu tous ses romans jusqu'ici ? Les six principaux, plus Sanditon.
3) Avez-vous un préféré ? Je considère qu’ Orgueil et Préjugés est la meilleure histoire, mais Northanger Abbey est celui qui m’a le plus fait rire. Ma préférence en matière de héros va vers Brandon ou Knightley, et mon héroïne serait sans doute Anne Eliott. Mansfield Park est celui que j’aime le moins.
4) Combien d'adaptations avez-vous vues ? Celle d’Orgueil et Préjugés BBC 1995, et celle d’Orgueil et Préjugés 2005 de Joe Wright. Celle d’Emma avec Gwyneth Paltrow. Celle de Mansfield Park avec Frances O’Connor. Celle de Raison et Sentiments d’Ang Lee, et celle de la BBC de 2008. Aucune de Persuasion, ni de Northanger Abbey.
5) Lesquelles sont vos préférées ? Définitivement celle d’Orgueil et Préjugés avec Colin Firth. J’ai aussi beaucoup aimé ce que Rozema a fait de Mansfield Park.
6) et lesquelles aimez-vous le moins ? Pour l’instant, celle d’Orgueil et Préjugés de Joe Wright.
7) Avez-vous vu des films inspirés ou dérivés de son oeuvre ? (Becoming Jane, Miss Austen regrets, Coup de foudre à Bollywood, Clueless, Bridget Jones, The Jane Austen Book Club, etc) Qu'en avez-vous pensé ? J’ai vu Coup de foudre à Bollywood, bien mais pas top, et le cinéma indien ce n’est pas ma tasse de thé.
Lu et vu Le Journal de Bridget Jones, adoré le livre, moins le film quoi que d’avoir fait jouer Mark par Colin Firth était une idée brillante. (L’âge de raison aussi, adoré à la lecture, pas vu le film).
Clueless est grandiose dans son genre, un film culte et une très bonne « réutilisation » à mon avis.
J’ai lu The Jane Austen Book Club qui m’a fait l’impression d’utiliser le nom d’Austen comme argument marketing sans que rien à l’intérieur du livre ne soit vraiment lié à Jane Austen. Il faudrait que je le relise en le prenant pour ce qu’il est, et sans attacher trop d’importance au nom d’Austen sur la couverture. Pas vu le film.
Becoming Jane est à l’origine de mon « Obsession Compulsive de l’Automne 2007 » James McAvoy, donc quoi qu’il arrive mon avis sur ce film ne peut être que très partial. Et c’est un très bon film.
7) Qu'aimez-vous le plus chez Jane Austen ? L’harmonie parfaite qu’elle a trouvé entre le respect des conventions qu’observent ses personnages en société, et le recul qu’ils savent prendre intérieurement par rapport à ces conventions. Ils ne sont pas dupes de toute l’hypocrisie qu’il dans tout ça, et ils savent parfois exprimer leurs pensées avec une vivacité et une ironie qui échappe aux imbéciles qui prennent les choses au pied de la lettre. Mais ils mettent toujours les formes, dans leurs actes autant que leurs paroles.
8) Avez-vous ce qu'on peut appeler une collection Jane Austen ? J’ai les livres et films que j’ai cités plus haut, plus quelques ouvrages dérivés. Appeler ça une collection serait sans doute exagéré. J’évite les collections de toute façon, mon but dans la vie étant de ne surtout pas transformer mon appartement en musée de l’hétéroclite inutile et encombrant. Plus fascinante la vie !Ma vie est tout à fait fascinante
de Pénélope Bagieu
Le quotidien d'une jeune illustratrice parisienne mis en image : son chéri, sa mère, ses copines, sa banquière, son envie d'avoir un chat, ses achats compulsifs de chaussures, ses tentatives sportives...
Une page, un dessin, une histoire !
Il y a encore peu de temps, je ne connaissais pas Pénélope Bagieu. Je connaissais son travail, un peu. Mais aussi, comment y échapper ? A bien y regarder, on retrouve sa patte un peu partout. Sur des couvertures de livres, et parfois même à l’intérieur. Dans les magazines, sur des affiches publicitaires… Cela dit, je ne connaissais pas son nom. Ni son blog, que j’ai découvert grâce à Lucie, ma swappeuse de la Saint Valentin, et auquel je fais maintenant une petite visite tous les deux ou trois jours.
Non seulement Pénélope Bagieu a un coup de crayon des plus expressifs, mais elle a en plus ce talent inestimable de savoir tourner en dérision les situations énervantes qui plomberaient le moral de n’importe qui d’autre. Comme faire la queue pendant deux heures derrière une file de petits vieux (à la poste, au supermarché…), passer tellement de temps au travail qu’on ne voit plus la lumière du soleil, voir jour après jour notre garde-robe souffrir de notre faiblesse devant les sucreries et la junk-food et notre allergie au sport. Bref, elle a beau avoir un blog célèb’ avec des milliers (que dis-je, des millions sans doute) de visiteurs, et être devenue une star avec fan-club et signatures d’autographes, Pénélope Bagieu est restée une fille simple avec une vie presque normale. La preuve, on se reconnait très facilement dans les pages de son livre. Voici par exemple des situations où je me reconnais à bloc : Perso, je n’ai pas besoin d’une gueule de bois pour avoir une conversation laconique avec ma mère (mais je fais des efforts), et je n’en suis pas encore à chanter dans les rayons du magasin de M. Edouard, même si c’est du Abba (et même si c’est Dancing Queen). Mais l’idée y est.
En tout cas c’est un petit bouquin bien sympa qui procure un bon quart d’heure de fou rire et qui trouve facilement sa place dans la bibliothèque.
(Remarque : Les images que j’utilise pour illustrer ce billet sont bien entendu tirées du livre. Si quelqu’un estime qu’elles n’ont rien à faire là, qu’il me le dise et je les retirerai immédiatement, avec toutes mes excuses. Je ne veux en aucun cas que mon admiration pour leur auteur soit considérée comme du pillage et de l’abus.)
March 10 Balance plus fort, le berceau s'envoleRicky
De François Ozon. Avec Alexandra Lamy, Sergi Lopez, Mélusine Mayance, Arthur Peyret
Sortie : 11/02/09
Katie, mère célibataire qui élève seule sa fille de huit ans Lisa, rencontre Paco à l’usine où elle travaille. Ils se mettent en ménage, et bientôt la famille s’agrandit avec l’arrivée de Ricky. Le bébé s’avère très vite être extraordinaire : il lui pousse des ailes.
Un bébé volant, pourquoi pas le début d’un joli petit conte de fées pour faire rêver les enfants ? Sauf que ce ne sont pas des ailes d’anges qui poussent dans le dos du petit Ricky. Ca ressemblerait plutôt à des ailes de hibou. Curieux d’associer à un petit être rose et joufflu les attributs d’un animal nocturne, sombre et effrayant. Mais c’est effectivement une histoire sombre que nous raconte Ozon.
Ville du Nord, triste banlieue ouvrière, immeubles délabrés, deux-pièces miteux. C’est là que Katie et Lisa vivent, sans enthousiasme, sans joie. Katie est une mère seule, mais pas une mère courage. Sa complicité avec sa fille, elle en abuse, elle s’appuie dessus. Quand elle n’a plus d’énergie, c’est Lisa qui la sort du lit. Katie parvient parfois à rêver encore, à croire que son petit monde n’est pas si sordide. Lisa ne sourit déjà plus.
Quand Paco, puis Ricky, entrent dans leur vie, les liens familiaux changent. Ecartée de sa mère par son nouveau beau-père, elle se rapproche de lui quand Katie se consacre au bébé. Quand la charge de Ricky devient trop lourde pour sa mère, elle prend le relais.
C’est une étrange fable que ce Ricky. Elle traite à la fois de la difficulté de recomposer une famille, d’assumer ses enfants quels que soient les problèmes qu’ils posent, d’aller de l’avant même si on n’a pas vraiment l’espoir de sortir de sa crise.
Ozon a en tout cas un talent cukorien pour mettre en valeur ses actrices. Après l’époustouflante Angel qu’était Romola Garai, Alexandra Lamy est lumineuse dans un rôle aux antipodes de ce qu’elle a l’habitude de jouer, tour à tour extasiée, dépassée, amoureuse, heureuse, déprimée, déterminée. Et Mélusine Mayance est parfaite de justesse dans son rôle de petite fille qui grandit trop vite, toute en force et en tristesse.
Sans être encore une inconditionnelle de son cinéma, je commence à apprécier beaucoup Ozon. Son film a certes des défauts, il donne à fond dans le pathos par moments, et son propos n’est pas forcément limpide. (Comment lui sont venues ses ailes ? Est-ce un film fantastique ou simplement métaphorique ?) Mais ça reste un beau film, à tout le moins une succession habile de jolies scènes.
|
|
|