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    16 September

    Real blood is for suckers

     
     True Blood
    Série créée en 2008 par Alan Ball

    Avec Anna Paquin, Stephen Moyer, Sam Trammell, Ryan Kwanteen...

     

    Une firme japonaise ayant mis au point un sang synthétique, les vampires qui vivaient jusque là dans la clandestinité décident de révéler officiellement leur existence aux mortels et tentent de s’intégrer à la société.
    Deux ans après la « sortie du cercueil », le vampire Bill Compton revient à Bon temps, petite bourgade de Louisiane dont il est originaire. Il y fait la connaissance de Sookie Stackhouse, serveuse dans un bar-snack et télépathe. Entre eux, l’attirance est immédiate et irrésistible. Mais à Bon Temps encore plus qu’ailleurs, les mentalités peinent à évoluer et l’incursion du surnaturel dans le monde normal est vu d’un très mauvais œil.
     
    HBO vient de terminer la diffusion de la saison 2 de True Blood, entré l’année dernière dans mon panthéon séristique dès son pilote. Il serait difficile de faire le tour de deux saisons en un billet, surtout quand on voit que certains internautes parviennent à consacrer un article à chaque épisode. Mais je vais quand même essayer d’en dire quelques mots.
     
     
    Tiré d’une série de romans de Charlaine Harris, True Blood a été adapté pour la télévision par Alan Ball, bien connu des amateurs de séries pour Six Feet Under, (toujours pas vu, ou si peu), mais aussi des cinéphiles pour American Beauty dont il a écrit le scénario, et de moi parce que j’ai joué une de ses pièces, Five women wearing the same dress qui démontrait déjà son aversion pour les gens bien pensants et hypocrites qui vivent d’apparences, de convenances et de dogmes. Dans True Blood, c’est certes de vampires qu’il est question, ainsi que de quelques autres créatures aux frontières du surnaturel, et il y a évidemment dans l’intrigue une bonne part de mythologie, que les auteurs ont mise à leur sauce. Mais le fond du problème, qui est aussi le thème principal traité dans la première saison et l’une des deux intrigues de la seconde, ce sont les relations entre les vampires et les mortels, comme métaphore sur l’intolérance et l’intégration.
     
    Comme les minorités qui par le passé ont été mises à l’index à cause de leurs différences et se sont battues pour faire reconnaître leurs droits, les vampires sont divisés sur la conduite à tenir. D’un côté se trouvent ceux qui revendiquent leur appartenance au genre humain et cherchent, malgré des difficultés évidentes telles que l’immortalité ou l’allergie au soleil, à vivre comme des membres ordinaires de leur communauté. De l’autre, ceux qui au contraire ne tenaient pas vraiment à sortir au grand jour (si on peut dire) et ont le plus grand mal à accorder du respect aux êtres inférieurs qui n’étaient jusque là que leurs proies.
     
     
    Quant aux mortels, que l’on sait peu portés à l’acceptation spontanée de l’autre, ils ne sont pas du tout prêts à faire confiance à des êtres contre-nature et sanguinaires, quelle que soit la bonne volonté qu’ils affichent. Au contraire, plutôt les exterminer. Ou mieux, les utiliser. Car le sang de vampire est désormais utilisé par les humains comme médicament universel, comme aphrodisiaque ou même comme drogue, faisant l’objet d’un marché noir qui a transformé les prédateurs ancestraux en proies.
     
    C’est sur ce fond de militantisme pour les droits civiques, de harangues politico-religieuses de conservateurs fanatiques et de petits trafics en tout genre que prend place l’atmosphère moite et étouffante de True Blood.  Loin de faire dans la dentelle et la langue de bois, le ton est donné dès la toute première scène : cette série ne passera jamais sur une chaîne familiale à une heure de grande audience. Elle placerait le gore dans la catégorie des farces et attrapes. (La mort de Longshadow, dans le genre, a bien failli avoir raison de mon système digestif, tout comme le hunter soufflé de Maryann). Quant aux scènes de lit, elles sont largement au niveau de celles de Nip/Tuck, en qualité autant qu’en quantité. Âmes prudes et sensibles, passez votre chemin et zappez. Pour les autres, bienvenue dans ce Trifouillis-les-Oies typique du Sud profond où vous trouverez pêle-mêle des policiers locaux qui se prennent pour des cow-boys, une hippie moderne version altermondialiste, un vrai chef viking, quelques rescapés des années disco, un ancien combattant souffrant de stress post-traumatique, une mère célibataire collectionnant les divorces, un cajun à l’accent incompréhensible, une alcoolique intégriste, une sorcière vaudoue, une ado supra-chiante, une antisociale râleuse, une mamie gâteau, un chien errant, un black gay cuisinier dealer et ouvrier de travaux publics, un fils-à-maman sympa, un pasteur mégalo, un messie martyre et quelques autres encore. Et là je ne parle que des personnages secondaires.
     
    Et l’héroïne dans tout ça ? Et bien l’image de la petite blonde sexy des histoires de vampires est tenace. Mais Sookie n’est ni une fighteuse à la Buffy, ni une damoiselle en détresse qu’il faut secourir. Elle est entre les deux, en fait. Sa complexité n’apparait pas au premier coup d’œil. Dans le premier épisode, n’eut été le grand moment de bravoure du sauvetage de Bill, elle aurait même pu passer pour une dinde complète, tant elle affiche son côté fille de la campagne sympa et simplette qui vit avec sa grand-mère, défend à ses amis de parler un langage ordurier en sa présence et surjoue à mort le coup de foudre.
     
     
    Seulement voilà, elle n’est certes jamais sortie de son bled, mais elle a été élevée par une femme aux idées très ouvertes, et donc, elle aussi a l’esprit large. Elle est innocente comme une pensionnaire de couvent, mais elle travaille en minishort et T-shirt ultra-moulant dans l’équivalent péquenot d’un restoroute. Le reste du temps ses fringues sont un genre de mix entre le style Jane Mansfield (retro sexy) et le style « j’ai piqué la blouse de ma grand-mère » (retro ugly). Elle entend en permanence les pensées vaines et moches des gens, mais au lieu d’être dégoûtée du genre humain, elle reste accueillante et aimable, toujours prête à laisser leur chance aux gens qu’elle rencontre. Et si elle éprouve une vive curiosité envers les vampires, contrairement à tant d’autres qui les rejettent par principe, il n’y a dans son intérêt rien de malsain, aucun attrait pour la mort ni pour l’immortalité. L’arrivée de Bill et son entrée dans le surnaturel transforment quasiment sa vie en chaos, mais elle affronte les choses avec une force de caractère étonnante et persiste à vivre leur relation de façon aussi normale et naturelle que possible.
     
    Anna Paquin, actrice dont le talent n’est plus à démontrer par ailleurs (plus jeune oscarisée après Shirley Temple, quand même !) a une façon assez surprenante de porter ce personnage. Tant dans sa façon de parler que de se mouvoir, elle a parfois l’air de planer à vingt mille et de brandir sa niaiserie comme un étendard en fonçant dans le tas sans regarder ce qui se passe autour d’elle. Le résultat est plutôt déroutant. Toujours est-il qu’une fois passées ses minauderies et ses secouements de tête et d’épaules intempestifs, on s’attache facilement à Sookie, parce que bon, quand même, elle s’en prend plein la tronche, au figuré comme au propre, et à sa place n’importe qui serait devenu une loque gémissante, tremblant de peur, terré au fond d’un placard. Mais elle non, elle s’accroche, elle défend ce qu’elle a, et ça c’est bien.
     
     
    Quant aux hommes de sa vie, ils valent le détour. Il y a son frère Jason, un vrai cliché sur pattes : le fainéant par excellence, dragueur, frimeur, buveur, glandeur, profiteur, et par-dessus le marché il se permet d’être réac. Mais on lui pardonne tout parce qu’il a du charme. Bien qu’il soit le grand-frère, c’est lui le plus fragile de la famille, le raté qui cumule les conneries tout en accusant les autres de tous ses problèmes. On avait pas vu sudiste aussi stupide depuis Rosco, et on est finalement partagé entre la compassion et l’envie de lui mettre des beignes.
    Il y a Sam, son patron, le gentil, le romantique, le fiable et fidèle. Le meilleur ami qui aimerait bien être plus mais qui, malheureusement, n’a rien de vibrant. Sauf qu’il cache sa part d’ombre, lui aussi.
    Il y a Erik, vampire millénaire, propriétaire d’un night-club à Shreveport et sheriff de la zone de Renard Parish. Il s’intéresse de près à Sookie, d’autant qu’elle a des capacités hors normes. Et d’autant plus qu’elle n’est pas libre. Car Eric est un guerrier, il aime les challenges.
     
    Et puis il y a bien sûr le grand ténébreux de service, William Compton. Souffrant du classique complexe de culpabilité propre aux vampires dotés d’une conscience, il se bat pour retrouver son humanité perdue et saisit l’opportunité qu’offre le True Blood de côtoyer à nouveau les mortels sans être tenté de s’en repaître. Bel effort, dans la mesure où le True Blood semble être assez dégueu, même réchauffé à 37,2°C. Bill est le premier surpris de trouver l’amour en revenant à Bon Temps, lui qui serait plutôt du genre à s’auto-torturer en se disant qu’après un siècle de monstruosité il ne mérite pas son bonheur. Mais heureusement, sa bien-aimée Sookie parvient parfois à lui faire ravaler son agressivité. Pour elle, il sait redevenir cet old-fashioned gentleman qu’il était à l’époque où il combattait l’ennemi yankee.
     
     
    Leur grande et belle histoire sert de colonne vertébrale à la série. Ce qui fait dire à certains que c’est une série-donut : creuse au milieu. Je ne peux que m’insurger contre une telle remarque. C’est vrai, je suis partiale, j’aime Bill. Je ne suis pas de celles qu’il ennuie. Mais même si les choses ont été très vite pliées entre ces deux-là, on ne peut pas pour autant dire que leur relation ne pose aucune question, ni qu’elle se passe sans heurts. Sans compter qu’en vingt-quatre épisodes, dont les événements s’étalent sur un laps de temps d’un mois à tout casser, les scénaristes sont parvenus à faire passer leurs personnages par toutes sortes de péripéties invraisemblables, les faisant affronter leurs pires peurs et frôler la mort de très près à plusieurs reprises. Il faut bien au moins un élément stable dans cette histoire, et c’est donc une bonne chose que leurs sentiments réciproques soient sûrs. On ne va quand même pas se taper une version vampirique de Grey’s Anatomy, non plus !
     
    En tout cas, True Blood est addictive. J’ai un peu de mal à analyser pourquoi elle l’est autant, car il y a pas mal d’éléments décevants, ou agaçants. Plusieurs intrigues, qui promettaient de révéler de grands secrets, trouvent une résolution rapide et simpliste, laissant un arrière-goût de “tout ça pour ça ?”. Certains personnages n’ont pas encore démontré leur utilité (Pam ?), certains pourraient quitter carrément la série sans qu’on les regrette (Tara, dégage !), d’autres sont partis trop vite (Goodbye, Godric !)
     
     
    D’un autre côté, les fondations de l’histoire sont plutôt solides et bien pensées. L’écriture des dialogues est excellente, avec un lot de pépites digne des meilleures séries. Le rythme est intense, chaque épisode ou presque, y compris les season finale, se termine par un cliffhanger et je me suis à plusieurs reprises retrouvée immobile devant mon écran, la bouche ouverte, haletant comme une junkie en manque au moment où l’écran devenait noir et le générique commençait. Les personnages secondaires parviennent plutôt bien à tirer leur épingle du jeu, et certains sont réellement très attachants. J’ai une tendresse particulière pour Hoyt et Jessica, ainsi que pour Terry.
     
    Et puis, inutile de faire l’innocente à ce sujet, les vampires sont terriblement séduisants. La saison 3 nous promet déjà une lutte de fans, divisés entre la Team Bill et la Team Erik (mais où vont-ils chercher ça, franchement ?), et même si je me classe dans la première parce que j’aime les belles histoires de true love où les héros sont “faits l’un pour l’autre”, et que Stephen Moyer a exactement le genre de sourire qui me fait fondre, je dois quand même admettre qu’Alexander Skarsgård est un grand acteur, dans tous les sens du terme, et que son Erik, mieux doté en humour qu’en scrupules, pourrait bien finir par faire pencher la balance de l’autre côté. Ou non ?
     
    11 August

    People only want a fairy tale

     

    The Palace

    Série créée en 2008

    Avec Rupert Evans, Sophie Winkleman, Zoe Telford...

     

    A la mort soudaine du roi James III, le Prince de Galles, Richard, accède au trône. Il a 24 ans et aurait tout du prince charmant s’il n’était pas d’avantage connu pour ses frasques de play-boy fêtard que pour sa participation aux affaires publiques. Plus que jamais objet de toutes les attentions et victime de tous les coups bas, Richard va pourtant devoir prendre la tête de son royaume, et de sa famille.

     

    C’était une idée intéressante que cette série sur la vie à Buckingham vue de l’intérieur, de la famille royale aux derniers valets de chambre. Ce n’est pas tant l’organisation et l’intendance qui sont relatés ici, mais plutôt les jeux de pouvoir (décidément, je n’en sors pas !) entre tous les personnages au moment où, entre la mort d’un souverain et le couronnement du suivant, les rôles sont redistribués.

    Les domestiques de l’ex- prince de Galles montent en grade alors que ceux de la reine-mère perdent leur autorité.

    Cette dernière, la reine Charlotte, déchue de son statut, tente de conserver son influence en se rapprochant de son fils, qu’elle soutient après avoir franchement douté de lui.

    Downing Street profite de la jeunesse et l’inexpérience du nouveau roi pour faire monter la cote de popularité du Premier Ministre.

    Quant à la princesse Eleanor, l’ainée de la famille, elle est persuadée que Richard n’est pas à la hauteur et qu’elle ferait une bien meilleure reine. Aussi s’emploie-t-elle immédiatement à discréditer son frère, aidée de son secrétaire le major Simon Brooks. La fin justifie évidemment tous les moyens.

     

     

    Richard se retrouve donc à la place de la poule aux œufs d’or, courtisé et convoité mais pas très écouté. Après une première réaction de panique totale, assez naturelle, il assume pourtant ses fonctions et impose ses décisions. Il a une vision moderne de la monarchie, il essaie autant que possible de vivre sa vie et de ne pas se faire sacraliser (il a d’ailleurs de gros doutes en ce qui concerne son titre de roi « Par la grâce de Dieu »). Il est assez bien aidé en cela par les médias qui ne manquent pas une occasion de pointer du doigt ses erreurs, passées ou présentes, s’appuyant sur les ragots colportés par le personnel depuis l’intérieur du palais.

    Sans compter qu’en tant que chef de famille, Richard doit gérer aussi les incartades de son frère George, qui jouit à fond de sa place de spare en matière de fête, de clubbing et d’excès en tous genres et abuse de son impunité diplomatique, et de sa sœur Isabelle, 18 ans, ado rebelle qui elle n’assume pas du tout son appartenance à la famille royale et voudrait bien être « normale » pour être appréciée pour ce qu’elle est (ah, l’idéaliste !).

     

    Si Rich passe outre les conseils de son équipe de com, il en arrive assez rapidement à accorder une confiance totale à Abigail Thomas, l’assistante de son secrétaire particulier, sir Iain Ratalick. Celle qui auparavant n’avait d’autre utilité à ses yeux que d’inventer des excuses pour couvrir ses sorties en boîtes et ses aventures devient celle sur qui il s’appuie, celle qui n’hésite pas à lui parler franchement tout en le soutenant dans ses choix.

    Et pourtant, Abi a aussi ses secrets. Notamment qu’elle a accepté la proposition d’un éditeur d’écrire un livre sur la famille royale, et en particulier sur Richard. Certes, quand elle a signé son contrat, Richard était encore prince de Galles, se comportait comme le dernier des crétins et trouvait parfaitement naturel d’avoir autour de lui des gens qui satisfaisaient toutes ses demandes. Elle se retrouve maintenant en face d’un homme qui doute de lui, qui s’efforce de faire ce qu’il pense être le mieux (et qui réussit la plupart du temps), bref, qui prend ses responsabilités et, quelque part, s’humanise.

    Difficile, quand on a la confiance de son souverain, d’aller le poignarder dans le dos.

     

    Que se passe-t-il derrière les grilles ? Que ne voit-on pas sur les photos officielles ? Forcément inspiré de la vraie vie des vrais membres de la famille royale anglaise, The Palace parvient à recréer tout un monde dont on ne sait finalement que peu de choses et qu’on ne peut qu’imaginer. Aussi surprenants qu’ils soient, les personnages sont quand même plutôt réalistes, et on n’a pas de mal à les imaginer évoluant à Buckingham dans la réalité.

     

     

    The Palace, série de la chaine ITV, compte seulement une saison de huit épisodes. Elle n’a pas été reconduite pour cause de manque d’audience à sa diffusion. Ce qui démontre que les britanniques ne s’intéressent pas plus que cela à leur famille royale, même fictionnelle. Il faut dire aussi que la qualité de la série pâtit du faible budget qu’on lui a attribué. Même en Lituanie, où elle a été tournée, la location d’un château est onéreuse. Du coup, même s’ils sont plutôt réussis dans l’ensemble, les décors et les costumes sont souvent réutilisés, ce qui donne vaguement l’impression d’être dans une sitcom. Les livrées du personnel sont magnifiques et font grande impression, mais à côté de ça le roi passe pas mal de temps en jean et pull-over (ce qui ne manque pas forcément de sexytude, surtout sur Rupert Evans, mais qui casse un peu le mythe) et la princesse Eleanor, qui est plutôt très jolie au naturel, est très maltraitée puisqu’elle est porte systématiquement du rouge à lèvres rose bonbon, et que lors des manifestations officielles elle est souvent maquillée, coiffée et habillée d’une façon qui la vieillit de quinze ans au bas mot. Ça plus sa manie de manigancer me rappelle furieusement Dallas ou Dynastie.

    En plus de ça, la série s’était vendue comme une version anglaise de The West Wing, les coulisses du pouvoir et les magouilles qui se trament en douce. Alors je ne peux pas vraiment comparer, n’ayant jamais vraiment regardé The West Wing, mais tout le monde sait bien que, tout chef d’Etat qu’il soit, le souverain du Royaume-Uni n’est pas vraiment très puissant, et que Buckingham n’est pas le siège du pouvoir. Donc les seuls scandales auxquels on a droit dans The Palace sont les escapades sexuelles du jeune monarque et le militantisme républicain de sa jeune sœur. Pas de corruption donc, ni d’assassinat politique, rien de très palpitant. On n’est pas dans une série d’action qui fait réfléchir, on est dans le divertissement qui amuse et qui, éventuellement, fait rêver.

     

    Et de ce côté-là, les restrictions budgétaires n’ont pas fait de dégâts. Les dialogues sont bien écrits, certaines répliques sont excellentes et mémorables. Les échanges entre la très sérieuse Abi et Richard qui met un point d’honneur à la déconcentrer sont particulièrement réussis. J’aime aussi les tirades grandiloquentes de George, tout comme le téléphone arabe qui fonctionne à plein régime dans les cuisines et qui peut transformer un fait sans importance en scoop pour les tabloïds.

    Quand il s’agit d’émouvoir, on ne tombe pas dans la sensiblerie plus qu’il ne faut, ce qui n’est pas forcément évident. Bon c’est vrai, je ne suis pas objective, j’ai le cœur tout mou. Si je suis dans de bonnes dispositions, on peut m’attendrir avec n’importe quoi, même une pub pour Whiskas (®). Mais quand même. Par exemple, même si j’admets que l’interview de Rich dans le premier épisode ne manque pas de gnangnan et de cliché sur la fin, elle est quand même drôle et bien gérée.

     

    Et puis le casting est très bon. Personne de vraiment connu, si ce n’est une petite notoriété dans leur pays natal, mais dont le talent est en revanche reconnu. Les critiques qui ont descendu la série se sont même étonnés que des acteurs de cette qualité se soient retrouvés impliqués dans un tel ramassis de fadaises (je cite mais avec désapprobation).

    Rupert Evans campe un parfait roi Richard, mélange de gentleman charmant, de petit garçon perdu et d’imposant leader à l’autorité inattaquable. Le résultat est des plus convaincants, et le fait qu’il soit joli garçon ne gâche rien. Eleanor (Sophie Winkleman) est sa Némésis, garce et sorcière qui se cache derrière un masque de petite fille modèle qui ne hausse jamais le ton et sait se faire comprendre sans jamais rien dire ou faire de compromettant. Isabelle est malheureusement trop peu exploitée à mon goût et c’est dommage car c’est sans doute celle dont le rapport à la monarchie est le plus intéressant, et Nathalie Lunghi me rappelle un peu Claire Danes à l’époque de My so called life, ce qui lui a gagné mon cœur immédiatement. George (Sebastian Armesto) traine une dégaine de Pete Doherty tout en parlant avec l’équivalent anglais de la voix de Stéphane Bern. Ou peut-être Nelson Montfort ? Le résultat est assez amusant. D’ailleurs, une chose étonnante dans le casting c’est que les quatre frères et sœurs ont tous une façon de parler différente. Bizarre de ne pas avoir le même accent dans la même famille, non ?

    Jimmy, Ruby et Vinny, les trois mousquetaires au service de Sa Majesté (Owain Arthur, Kate O’Flynn et Amit Shah) sont hilarants du début à la fin tant ils font tache dans le décor. Mais mon personnage préféré reste Abi Thomas, incarnation du sérieux, du professionnalisme, du sens de l’organisation, du sang-froid, et qui parvient à rajouter par-dessus tout ça élégance, humour, gentillesse, bon en clair cette fille est géniale, c’est Ugly Betty en jolie et Zoe Telford est clairement une actrice à suivre. D’ailleurs j’ai eu un aperçu de Golden Hour hier soir et il parait que c’est bien alors j’y jetterai un œil à l’occasion.

     

     

    Même si à l’origine, The Palace se voulait être une série viable sur du long terme, le fait qu’il n’y ait eu qu’une seule saison n’est pas si mal. Il y a une trame cohérente, avec une vraie fin à peine un petit peu ouverte, et ce n’est pas sûr du tout qu’il y ait eu matière à faire une deuxième saison. Autant le voir comme une petite télésuite. C’est en dvd, uniquement au Royaume-Uni, et c’est bien sympa pour les soirées où on se retrouve à court de comédies romantiques. 

     

    30 July

    "Only with his quick wits, a silver tongue and a firm belief in the law, he faced a lone gun. They called him Murdoch."

     
    Les Enquêtes de Murdoch
    (Titre original : Murdoch Mysteries)
    Série créée en 2008
    Avec Yannick Bisson, Hélène Joy, Thomas Craig, Jonny Harris...
     
    1895. Détective à la station de police n°4 de Toronto, William Murdoch mène ses enquêtes en utilisant des méthodes scientifiques assez révolutionnaires pour l’époque.
     
    Depuis un certain temps, hors période de grandes vacances et quand le stock de séries familiales françaises est à son niveau de sécheresse, France 3 nous gratifie chaque dimanche soir de séries policières, généralement britanniques et provinciales, qu’on peut trouver au choix plaisamment bucoliques malgré les meurtres et les autres joyeusetés du même genre, ou totalement arythmiques et soporifiques. N’est pas Jack Bauer qui veut. Si je n’ai jamais pu me faire à Barnaby, pas plus qu’à Pascoe et Dalziel en leur temps, j’ai assez bien accroché cette année à Inspecteur Lewis, sans doute grâce à l’ambiance cultivée et studieuse d’Oxford, ou peut-être grâce à Hathaway, le rigoriste et caustique bras droit du héros, joué par l’excellent Lawrence Fox.
     
    Mais peu importe ici l’inspecteur Lewis et ses consorts. Au mois de juin dernier, au lieu d’une série anglaise, c’est à une série canadienne qu’on a eu droit pour changer : Les enquêtes de Murdoch. Pour ne pas déroger à la règle en vigueur à la télé française (y compris sur les chaines publiques, d’ailleurs il faudra qu’on m’explique), France 3 a passé neuf épisodes de la première saison, au hasard et dans le désordre, avant de stopper là la diffusion pour passer aux programmes d’été. Ce que j’ai trouvé dommage, dans la mesure où je commençais à bien aimer cette série. Qu’à cela ne tienne ! Comme elle me paraissait avoir un peu plus à offrir que ce qu’on pouvait en voir au premier abord, je me suis aussitôt lancée dans la récup’ des deux saisons existantes.
     
     
    Adaptée, plus ou moins librement, d’une série de romans policiers de l’auteur anglo-canadien Maureen Jennings, Les enquêtes de Murdoch est un drama en costumes qui reconstitue de façon convaincante un Toronto à l’heure du grand empire de la reine Victoria, dans lequel on verra graviter Arthur Conan Doyle, le Prince Alfred, Nikola Tesla, Buffalo Bill ou Harry Houdini. A première vue, c’est plein de charme, de belles résidences et de feuilles d’érable. A y regarder de plus près, il y a aussi des ruelles crasseuses, des quartiers ouvriers, pas mal de pauvreté. Et dans toutes les couches de cette société ultra-codifiée, il y a des meurtres. Qu’il revient au détective William Murdoch de résoudre.
     
    Et la populace de cette bonne ville n’aurait pas pu tomber mieux. En effet, Murdoch allie sens de l’observation et de la déduction dignes de Sherlock Holmes, source d'inspiration avérée de l'auteure (sa perspicacité est quasi surnaturelle ! Il admet lui-même que les réponses lui viennent parfois toutes seules) à une passion pour les sciences et découvertes qui le pousse à se former, en autodidacte, à des disciplines aussi diverses que les courants électriques, la téléphonie, l’optique, l’astronomie ou la psychiatrie. Et à appliquer ces connaissances à son travail quotidien. En deux saisons, on le voit ainsi bricoler dans son bureau un détecteur de mensonges, un gyroscope, un gilet pare-balles, une source de lumière noire, un magnétophone et des lunettes de vision nocturne. Il va de soi qu’il s’appuie également beaucoup sur tout ce que la médecine légale et la biologie peuvent offrir de possibilités, empreintes digitales, radiographie, groupes sanguins, et même profilage… Techniques qui à notre époque informatique n’impressionneraient personne mais qui, en 1895, étaient encore relativement nouvelles et à peine, voire pas du tout, reconnues.
     
     
    On pourrait s’en tenir là et assimiler Murdoch Mysteries à une sorte de CSI victorien. Cependant, Murdoch n’est ni un maniaque des lunettes de soleil, ni un professionnel du tirage de tronche. Encore que, pour le faire rigoler, mieux vaut se lever de bonne heure, il n’est pas vraiment des plus expansifs. Ceci dit, William Murdoch, contrairement aux apparences, n’est pas qu’une machine à résoudre les énigmes. Derrière ce cerveau génial, il y a aussi un être humain.  
     
    Il y a d’ailleurs un sacré paradoxe chez ce personnage, entre son esprit scientifique qui induit une certaine ouverture d’esprit, et sa foi catholique, solidement implantée en lui avec une bonne dose de préjugés, et qui le rend intransigeant sur pas mal de sujets. Mais d’un autre côté, c’est cette intransigeance qui fait de lui un aussi bon policier, plein de droiture, respectueux des lois et avide de rendre la justice. Et c’est aussi sa religion qui le rend compatissant envers les victimes, directes ou collatérales, et qui l’empêche de juger les gens trop vite. Contrairement à ses supérieurs hiérarchiques qui s’empressent toujours d’avoir bonne opinion des riches et des puissants.
     
    Un homme aussi proche de la perfection n’aurait cependant pas un capital sympathie très élevé s’il ne possédait pas quand même quelques défauts. Le plus évident étant d’être socialement gravement handicapé. Il lui arrive fréquemment, par exemple, de s’arrêter au beau milieu d’une conversation pour se mettre à rêvasser, ou de quitter brusquement la pièce pour suivre une idée qui vient de lui traverser la tête. Ce type de comportement lunatique, aussi agaçant qu’il soit, finit par être assez amusant. Et particulièrement quand les conversations s’adressent au Dr Julia Ogden, la très jolie, douée et énergique médecin légiste, aussi pionnière que le Dr Quinn mais en moins passionaria quand même, qui non contente d’être la muse qui fournit à Murdoch son inspiration quand il est bloqué dans ses réflexions, fournit en plus aux scénaristes l’élément romantique qui donne au héros une bonne raison de sortir de temps en temps de son bureau.
     
     
    Murdoch est interprété par Yannick Bisson, vu dans différents téléfilms, mais surtout dans Sue Thomas, l’œil du FBI, série qui, bien qu’elle soit policière, serait plutôt à classer dans la même catégorie que Les anges du bonheur ou 7 à la maison tant elle était convenue, bien pensante, tire-larmes, cucul-la-praline en somme, et aussi parce qu’elle avait un nombre bien trop important de personnages récurrents. A oublier très vite, donc. D’ailleurs j’avoue sans honte aucune que si je l’ai regardée (dire que je l’ai « suivie » serait très exagéré), c’est uniquement à cause de l’acteur principal, parce que je me demandais si avec un nom pareil il n’était pas français (il est en fait québécois d’origine), et parce que je lui trouvais des yeux tout à fait fascinants. Ce qui était une raison suffisante pour se coltiner toute l’équipe de Sue Thomas valait bien de regarder quelques épisodes de Murdoch Mysteries. Regarder toute la série requérait un peu plus. Mais comme d’habitude, il suffit de donner de bons outils à un bon ouvrier pour qu’il vous fasse du bon travail, et Yannick Bisson entre à la perfection dans le costume, prêtant son regard captivant et sa voix basse au trop sérieux, quoique non dépourvu d’humour, détective Murdoch.
     
     
    De la même façon, Hélène Joy prête à Julia son charmant sourire et sa silhouette élégante, Thomas Craig prête son accent du Yorkshire à l’inspecteur Brackenreid, le très sanguin chef de la station n°4, tandis que Jonny Harris prête son visage de clair de lune à l’agent Crabtree, l’assistant du détective. Ces deux derniers étant les grands pourvoyeurs de scènes rigolotes tout au long des deux saisons.
     
    Les enquêtes de Murdoch allie un casting réussi, un travail de recherche assez remarquable, tant au niveau du scénario que des décors, costumes et accessoires, et des intrigues qui, sans être trop compliquées, parviennent à être à la fois intéressantes et plausibles. Ce n'est certes pas une série qui marquera l'histoire de la télévision, d’ailleurs elle n’en a ni les moyens ni l’ambition. Mais elle offre une galerie de personnages sympathiques, et est suffisamment bien réalisée pour être agréable à regarder. D'ailleurs, le tournage de la troisième saison vient de commencer, preuve que le public en redemande. C'est en tout cas parfait pour les amateurs d’attelages, de chapeaux melons, de robes à jupons et de mystères à résoudre.
     
    14 May

    "Y a des bleus. Je vous les présente, au cas où vous penseriez que c'est une mauvaise blague."

     
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    Les Bleus : Premiers pas dans la police
    Série créée par Stéphane Giusti, Alain Robillard en 2005
     
    Affectés dans une DPJ parisienne, cinq jeunes gens à peine sortis de l’école font leurs débuts de policiers. Leurs curriculums et leurs motivations, que l’on découvre petit à petit dans les premiers épisodes, ne sauraient être plus dissemblables. Mais en travaillant ensemble et en se confrontant à la réalité de leur travail, qui peut aller du plus fastidieux au plus éprouvant, ils reviennent très vite sur leurs idées préconçues.
     
    Vais-je devenir une vraie sériephile ? En tout cas, je commence sérieusement à apprécier de voir les séries comme des films, une saison (voire plusieurs) d’un bloc, meilleur moyen possible de suivre l’évolution des personnages et de pas oublier au fur et à mesure les détails des intrigues trop alambiquées. Les séries que je suis avec le plus de plaisir ne sont généralement pas françaises. Il faut dire que les réalisateurs hexagonaux commencent à peine à comprendre que le format 52 minutes est un peu lourd à trimballer, et certains n’ont vraiment pas intégré qu’on ne peut pas faire de séries « à l’américaine » quand on a un budget, une créativité et un sens du scénario vingt fois inférieurs à ceux des collègues d’outre-Atlantique.
     
    Alors on a ceux qui s’en sortent à peu près honorablement, en la jouant Douce France, comme Famille d’accueil ou Louis La Brocante. Et puis il y a ceux qui persistent à faire dans le polar, qui nous imposent par exemple des commissaires quasiment grabataires mais qui vont quand même sur le terrain (et on est sensé trouver ça réaliste ?), ou qui copient sur les petits copains américains, comme R.I.S., avec de vrais experts de la scientifique dedans, que j’aurais peut-être continué à regardé si, d’une, ils n’avaient pas remplacé Jean-Pierre Michael par Philippe Caroit, et de deux, si les acteurs avaient arrêté de se prendre pour des tragédiens. Ou comme Profilage, la nouvelle, peut-être inspirée par Bones et dont je ne me remets pas tant l’héroïne a l’air bête, camée ou semi-autiste apparemment, et tant l’intrigue est incohérente puisque la résolution de l’enquête démontre que l’analyse faite par la très douée criminologue en début d’épisode est complètement bidon.
     
    Heureusement, en cherchant bien, j’ai réussi à trouver une série policière française qui vaut le coup d’être vue. Si, allez, quand même un peu ! Les Bleus, premiers pas dans la police.
     
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    Alors, dans la famille bleu, je demande : Nadia (Gabrielle Valensi), une jeune mère de famille entrée dans la police pour la paye et la sécurité de l’emploi, qui termine tous les jours de bonne heure, mission ou pas, pour aller chercher ses gosses à l’école mais qui, au lieu de demander un poste administratif se prend à aimer l’action sur le terrain ; Lyes (Mhamed Arezki), un beur ambitieux pour qui le service public est le meilleur passeport pour l’intégration, qui parle aux gens avec sa grammaire la plus châtiée et qui vise, à terme, le Ministère de l’Intérieur ; Laura (Elodie Yung), une brillante étudiante en droit, as des arts martiaux, du tir au pistolet et du fonçage dans le tas sans réflexion préalable, qui choisit d’émarger chez les roussins plutôt qu’au barreau parce que son géniteur, qu’elle n’a jamais rencontré, se trouve être commissaire ; Kevin (Nicolas Gob), un basque champion de muscu mais allergique à la violence qui espérait devenir MNS à Biarritz et qui s’est un peu fait avoir, niveau mutation ; et Alex (Raphaël Lenglet), un banlieusard, pur produit de sa cité estampillé « racaille », fils d’une mère célibataire qui a l’air d’être sa sœur, et qui change radicalement de camp après avoir passé sa jeunesse à tirer des caisses et ramasser ce qui tombait des camions (d’ailleurs, il a toujours de super plans pour vous avoir un micro-ondes pour que dalle).

    Toute la petite bande est chapeautée par deux capitaines, vieux de la vieille à qui on ne la fait pas : Franchard (Luc Thuillier), archétype du vieux beau à tendance alcoolique, qui n’est pas aussi ripoux qu’il en a l’air, et Duval (Jean-Michel Fête), psychorigide et grand amateur de musique classique. Sous la surveillance du commissaire Santamaria (Patrick Catalifo), héros de ses hommes et pourfendeur des ennemis publics. Tous ont, bien entendu, une vie privée à gérer, en plus de leur boulot très prenant. Et aucun d’eux ne fait dans le simple de ce côté.

     

    Niveau intrigues, on est nettement plus dans le style réaliste de la PJ Saint Martin (petits délits, enquêtes de voisinage, statistiques, bref, réaliste et plan-plan) que dans celui des opérations des commissaires Lescaut, Moulin ou Navarro (crimes graves, cavales, prises d’otages et interventions de l’armée, etc), même si, de temps à autre, on a droit à un peu plus d’action. Alors c’est sûr que vu comme ça, on pourrait se dire qu’après avoir vu Porret, Matthieu et Leonetti peiner pendant des années sur des kidnappings de chat de la voisine, sur des comptage de points de retraites et des querelles syndicales, ça ne donne pas envie de se lancer dans une nouvelle série qui fonctionnerait sur le même principe.

     

    Sauf que dans Les Bleus…, l’intrigue policière n’est qu’un prétexte. Il s’agit plus d’observer l’évolution des relations entre les personnages. Et non seulement les histoires sont bien menées, mais il y a surtout, et c’est généralement la raison pour laquelle j’aime ou pas une série, d’excellents dialogues. Certes, nous sommes loin du niveau de mes cultissimes Veronica Mars, ou Gilmore Girls, où on a pratiquement une vanne digne d’être relevée par réplique. Mais tout de même, les créateurs de la série ont eu la bonne idée de mettre en présence un groupe de personnes venus de milieux différents, avec des opinions et des méthodes divergentes, et qui semblent parfois ne pas parler la même langue tant ils ne sont pas sur la même longueur d’onde. Dans les conversations, il y en a toujours un pour être à contre-courant, ou carrément à la ramasse.

     

     « - Monsieur a des indicateurs, maintenant !

     -  Ben oui, oui, j’ai des indicateurs ! Tous corps de métiers, hein. Stups, mœurs, grand banditisme, électroménager… Enfin, surtout électroménager récemment. »

     

    C’est du comique basé sur le défaut de communication, en fait. Les dialogues de sourd du duo Lyes/Alex, à cet égard, ont des moments anthologiques. Plus que du polar, c’est de la comédie. Les bleus, quoi que parfois très contents d’eux et pressés de changer de couleur, sont vraiment des bras cassés, avec de la bonne volonté mais de grosses lacunes, Loin d’être des génies, ils ont même du pain sur la planche pour devenir de bons policiers.

     

    « - De mon temps, quand on entrait dans un commissariat, il n’y avait que des hommes en képi et des inspecteurs en imperméable. Les seules femmes  qu’on y voyait étaient là pour racolage.

       - Et ben ils ont découvert qu’on avait un cerveau, dites donc. Et puis alors, depuis, on a changé d’orientation professionnelle. D’ailleurs, ma collègue va vous recevoir, mais alors surtout, ne lui demandez pas avec qui elle a couché hier soir, parce qu’elle a la gâchette facile aujourd’hui. »
     
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    Après un pilote et deux saisons de 12 et 6 épisodes, le potentiel de la série est loin d’être épuisé, et si le succès public n’est pas totalement au rendez-vous, j’espère que les encouragements des critiques seront suffisants pour que les producteurs la reconduisent encore quelques temps. Et pas seulement une nouvelle saison tous les trois ans, si possible. Allez, une petite sortie d’Alex pour la route :
     
     « - Vous l’avez enterré où ?
     -   Je l’ai fait incinérer, et j’ai dispersé ses cendres dans la mer. J’ai trouvé ça romantique pour un dernier amour.
     -   C’est de la balle. Moi aussi, quand je vais mourir, j’ai envie qu’on me saupoudre, comme ça. »
     
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