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July 04

On appelle, mais qui le saura

 
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Incognito
De Eric Lavaine. Avec Bénabar, Franck Dubos, Jocelyn Quivrin…
Sortie le 29 Avril 2009
 
Grâce Aux chansons écrites par son meilleur ami Thomas, qu’il croit mort, Lucas devient la nouvelle star de la chanson française. Quand Thomas débarque à Paris, bien vivant mais ignorant tout de son succès, Lucas s’efforce de redevenir incognito pendant trois jours, le temps que Thomas reparte d’où il vient, afin de ne pas révéler son imposture.
 
 J’ai hésité à aller voir Incognito car j’ai entendu le pire comme le meilleur sur ce film. Après l’avoir vu, je me range dans la catégorie de ceux qui l’ont aimé. Sans doute à cause de son sens du décalage.
 
Décalage, pare exemple, entre le personnage de Lucas et son interprète Bénabar. D’après sa bio officielle, Bénabar écrit bien ses chansons lui-même et a travaillé longtemps en indépendant avant de se faire connaître. Lucas au contraire est devenu riche et célèbre en quelques mois après dix ans de carrière à la RATP et se galère comme un malade sur l’écriture de son deuxième album.
 
Décalage aussi, j’ai envie de dire entre Dubosc et Dubosc. Je le trouve généralement bêta et vulgaire, suffisamment pour ne pas être drôle, et les rôles qu’il a joués au cinéma jusqu’à maintenant n’ont rien fait pour changer cette image.  Mais Francis est un genre de Joey Tribbiani, un acteur mauvais et raté, et un homme immature qui a manqué le passage à l’âge adulte. Au lieu de l’habituel frimeur débile et sans-gêne capable de sortir les vannes les plus immondes en étant persuadé d’être au summum de l’humour, on a plutôt à faire à un gamin qui veut jouer au grand mais qui n’a pas conscience que ce qu’il dit ou fait peut avoir des conséquences, et qui croit tout simplement aux fables qu’il raconte. Ce n’est pas qu’il perde son côté agaçant, mais il arrive à être attendrissant et des gags qui auraient pu être vraiment lourds deviennent amusants. Et je dois dire que le changement brutal de registre entre le propriétaire terrien contemplant ses  50m² de pelouse comme s’il s’agissait d’un domaine de plusieurs hectares et l’hôte décontracté recevant à la très bonne franquette m’a fait hurler de rire.
 
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Quoi dire de plus, sinon que Bénabar est aussi bon scénariste et comédien qu’il est bon auteur-compositeur, que les personnages féminins (Anne Marivin, Isabelle Nanty, la très douée Virginie Hocq et même l’émouvante Yolande Moreau) sont très bien écrit et que Gronvieux, boudiou, ça m’a l’air d’un patelin où qu’y a de l’ambiance, ouais !
 
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July 02

La Finlande est toujours une bonne excuse

 
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Confessions d’une accro du shopping

(Titre original : Confessions of a Shopaholic)

De PJ Hogan. Avec Isla Fisher, Hugh Dancy, Krysten Ritter...

Sortie le 20 Mai 2009

 

Le plus grand plaisir de Rebecca Bloomwood, c’est le shopping. C’est aussi son plus grand problème, car elle dépense plus qu’elle ne gagne et ne sait pas se mettre de limites. Le hasard faisant bien les choses, le job qu’elle obtient et qui lui permettra d’éponger ses dettes s’avère être celui de chroniqueuse dans un magazine financier.

 

Succès énorme en librairie (et dans toutes les grandes surfaces offrant un rayon « culture »), Les confessions d’une accro du shopping et ses suites, qui se comptent à présent quasiment à la demi-douzaine, se devaient évidemment d’avoir leur adaptation ciné. Que j’aille la voir n’était pas gagné d’avance, tant j’avais pris Becky en grippe. Que voulez-vous ? Une fille aussi inconsciente et irresponsable, incapable de se prendre en main, ni de régler ses problèmes sans l’aide d’une tierce personne et qui, quand par miracle elle parvient à s’en sortir, retombe aussitôt dans les mêmes travers, et bien ça m’énerve. Une fois, à la rigueur, ça aurait pu passer. Mais cinq fois de suite !

 

C’est sur une impulsion subite (due à la fatigue, l’heure tardive, le moral dans les chaussettes qui réclame de la comédie et pas de réflexion…) et sans grand espoir que je suis allée voir ce film. Autant pour moi, ce fut une relative bonne surprise. Le scénario ne suit pas à la lettre le roman, mas pioche divers éléments des deux premiers tomes pour créer une histoire légèrement différente, et les changements opérés sont salutaires.
 
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Becky vit bien avec sa meilleure amie, mais à New York et pas à Londres. Luke n’est plus un ambitieux et ténébreux homme d’affaires, mais l’ambitieux et talentueux rédacteur en chef de la revue où travaille Becky. (Ah ! le coup de cœur pour le séduisant patron, un classique !) New York, magazine, on n’est pas loin du diable qui s’habille en Prada, d’autant qu’intégrer le staff d’un magazine de mode est le but ultime de notre fashionista.

 

Et bien sûr, au centre des débats, il y a toujours cette terrible addiction. Faire les boutiques équivaut pour Rebecca à sniffer un rail de coke tout en se pintant au champagne. Elle décrit d’ailleurs très bien le phénomène dans son groupe d’acheteurs compulsifs anonymes. Mais contrairement au livre, on échappe aux répétitives et interminables séances de shopping et aux dénis de factures. Par chance, à part le délire sur le fameux foulard vert (habile récupération scénaristique), j’ai quand même eu l’impression de découvrir une autre Rebecca Bloomwood. Moins faible, plus sincère dans ses efforts pour s’en sortir et donc plus sympa. Et très douée pour se mettre dans l’embarras, tout de même, il le faut bien puisqu’on est dans une comédie.

 

Et opportunément, en ces temps de crise (Ouh ! le vilain mot qui ne doit pas être prononcé normalement sur ce blog !), on a en prime une bonne mise en garde, à nous pauvres dindes superficielles maniaques de la chaussure, du chapeau, (ou éventuellement du livre, du dvd, de la théière ou  tout objet approprié) contre l’usage abusif des cartes de crédit et le surendettement.
 
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PJ Hogan, qu’on sait très inspiré en matière de comédies romantiques (Muriel, Le mariage de mon meilleur ami) et fantaisistes (Peter Pan) nous a concocté un film coloré (attention, la garde-robe de Becky peut provoquer un décollement de rétine), plein de trouvailles amusantes (les mannequins des vitrines, l’éventail, et la musique !) avec un casting des plus plaisants. Avoir réuni Kristin Scott-Thomas et Joan Cusack dans le même film est une grande idée (merci, M. Hogan). Krysten Ritter est parfaitement adorable et drôle, comme toujours. Hugh Dancy est tout à fait charmant, et Isla Fisher est fofolle à souhait.

 

Une honorable comédie romantique, et une agréable façon de terminer la soirée.

 

June 25

"I understand now what it means to be born again."

 
Il y a des moments où je suis certaine d’avoir un ange gardien. Et il y a aussi des moments où je suis certaine que mon ange gardien est en RTT. (Et il en a plus que moi, le saligaud ! Ce n’est pas comme si je lui donnais beaucoup de travail, quand même !) En ce moment, par exemple, où mon ordinateur me lâche, encore, et où les récentes intempéries ont fait choir le plafond du hall de mon cinéma, conséquemment fermé pour cause de travaux. Il semble que la malédiction qui rend mon travail si pénible et fastidieux s’est étendue à mes heures de loisirs.
 
Heureusement, j’ai aussi de bons amis doués en informatique qui me remettent le dedans de mon ordi en place, tout comme j’ai de bons amis doués en mécanique qui me remettent ma voiture en état (après plus d’un an avec le pare-choc en vrac, il était temps). Et donc, faute de pouvoir surfer, ou regarder des dvd (car mon lecteur est aussi dans mon ordinateur) ou aller au ciné, j’ai pu m’avancer dans ma lecture. Un petit peu.
 
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Le Château de mes Rêves 
(Titre original : The Blue Castle)
De Lucy Maud Montgomery
 
A vingt-neuf ans, Valancy Stirling mène une existence terne entre sa mère et sa cousine, deux veuves austères et autoritaires. Elle n’a jamais obtenu ce qu’elle voulait de l’existence, et n’espère rien de l’avenir. Dédaignée, infantilisée et utilisée par les siens, elle n’a que deux échappatoires : ses rêveries du château bleu en Espagne qu’elle se construit depuis l’enfance, et les livres de John Foster, un naturaliste qui dépeint les beautés des forêts du Canada avec réalisme et poésie.
Mais un jour, Valancy reçoit une lettre qui va la pousser à changer radicalement de vie, à dire et faire enfin ce qu’elle veut, à agir selon ses propres idées.
 
Depuis que la diffusion des enfants d’Avonlea et du bonheur au bout du chemin, inspirés de ses romans, m’ont ouvert les portes du monde délicieusement suranné et chaleureux de Lucy Maud Montgomery, elle est devenue l’un de mes auteurs préférés. Et elle le reste, bien que ses intrigues soient souvent assez simples et légères, et plutôt destinées à un jeune public. L’Île du Prince Edward, dont je n’avais jamais entendu parler auparavant, m’attire irrésistiblement maintenant et je me suis jurée que si un jour je peux m’offrir un voyage au Québec, je ne manquerai pas de faire un crochet par l’Île.
 
Exceptionnellement, et c’est même le seul de ses romans dans ce cas, The Blue Castle ne se passe pas sur l’Île du Prince Edward. Mais on ne perd pas au change, car ses évocations du district de Muskoka sont tout aussi enchanteresses que celles des chemins rouges d’Avonlea ou de la côte sauvage de Four Winds Harbour.
 
Ce roman est aussi l’un des rares considérés comme étant des livres pour adultes. Après lecture, j’ai un peu de mal à voir ce qui le différencie de ceux que j’ai déjà lus. Certes, si l’on replace l’action dans son époque, les années 20, on se rend compte que certains sujets abordés ou suggérés dans le livre, comme l’alcoolisme, le fait d’avoir des enfants hors mariage, et l’ostracisme qui en découle envers les personnes « coupables » de ce genre de crimes de lèse-bonne société, n’étaient sûrement pas évoqués dans les conversations courantes, et encore moins devant les enfants. Mais en dehors de certains détails de ce type, The Blue Castle n’est pas réellement dépaysant pour qui aime L.M. Montgomery.
 
La vraie différence tient surtout dans le fait que Valancy est une héroïne plus âgée que la moyenne, plus seule et plus désespérée, et qu’au lieu d’avoir l’avenir devant elle, elle considère d’ores et déjà sa vie comme un échec consommé. Elle a depuis toujours réprimé son aptitude au bonheur, et au moment où le roman débute, elle doit apprendre à vivre. La façon dont elle rejette tout à coup le sens des conventions exagérément strict qu’on l’a forcée à respecter jusque là pour prendre sa vie à bras le corps, en faisant ce qui lui parait bien et juste sans plus se préoccuper de ce que diront sa mère ou ses oncles et tantes en fait un personnage intéressant et plaisant, assez attachant pour qu’on passe sur les capillotractions de l’intrigue, qui sont paradoxalement aussi prévisibles qu’invraisemblables, surtout dans le dénouement.
 
Et Barney, voilà un personnage masculin rare chez Montgomery, loin du ténébreux gentleman ou de l’adorable ami de cœur qu’on connait. Misanthrope, secret et taciturne, sauvage et parfois féroce, trainant une réputation déplorable et à qui on doute d’abord de pouvoir faire confiance. Quel romantisme dans la relation qui s’installe entre lui et Valancy ! Il me semble que mon esprit n’a pas pu quitter le cottage de Barney pendant plusieurs jours après que j’aie terminé ma lecture, tant l’année passée là m’a parue parfaite d'harmonie.
 
Lucy Maud ne m’a encore jamais déçue ni lassée. Je suis bien contente qu’il me reste encore tant de ses romans à lire.
 
May 14

"Y a des bleus. Je vous les présente, au cas où vous penseriez que c'est une mauvaise blague."

 
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Les Bleus : Premiers pas dans la police
Série créée par Stéphane Giusti, Alain Robillard en 2005
 
Affectés dans une DPJ parisienne, cinq jeunes gens à peine sortis de l’école font leurs débuts de policiers. Leurs curriculums et leurs motivations, que l’on découvre petit à petit dans les premiers épisodes, ne sauraient être plus dissemblables. Mais en travaillant ensemble et en se confrontant à la réalité de leur travail, qui peut aller du plus fastidieux au plus éprouvant, ils reviennent très vite sur leurs idées préconçues.
 
Vais-je devenir une vraie sériephile ? En tout cas, je commence sérieusement à apprécier de voir les séries comme des films, une saison (voire plusieurs) d’un bloc, meilleur moyen possible de suivre l’évolution des personnages et de pas oublier au fur et à mesure les détails des intrigues trop alambiquées. Les séries que je suis avec le plus de plaisir ne sont généralement pas françaises. Il faut dire que les réalisateurs hexagonaux commencent à peine à comprendre que le format 52 minutes est un peu lourd à trimballer, et certains n’ont vraiment pas intégré qu’on ne peut pas faire de séries « à l’américaine » quand on a un budget, une créativité et un sens du scénario vingt fois inférieurs à ceux des collègues d’outre-Atlantique.
 
Alors on a ceux qui s’en sortent à peu près honorablement, en la jouant Douce France, comme Famille d’accueil ou Louis La Brocante. Et puis il y a ceux qui persistent à faire dans le polar, qui nous imposent par exemple des commissaires quasiment grabataires mais qui vont quand même sur le terrain (et on est sensé trouver ça réaliste ?), ou qui copient sur les petits copains américains, comme R.I.S., avec de vrais experts de la scientifique dedans, que j’aurais peut-être continué à regardé si, d’une, ils n’avaient pas remplacé Jean-Pierre Michael par Philippe Caroit, et de deux, si les acteurs avaient arrêté de se prendre pour des tragédiens. Ou comme Profilage, la nouvelle, peut-être inspirée par Bones et dont je ne me remets pas tant l’héroïne a l’air bête, camée ou semi-autiste apparemment, et tant l’intrigue est incohérente puisque la résolution de l’enquête démontre que l’analyse faite par la très douée criminologue en début d’épisode est complètement bidon.
 
Heureusement, en cherchant bien, j’ai réussi à trouver une série policière française qui vaut le coup d’être vue. Si, allez, quand même un peu ! Les Bleus, premiers pas dans la police.
 
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Alors, dans la famille bleu, je demande : Nadia (Gabrielle Valensi), une jeune mère de famille entrée dans la police pour la paye et la sécurité de l’emploi, qui termine tous les jours de bonne heure, mission ou pas, pour aller chercher ses gosses à l’école mais qui, au lieu de demander un poste administratif se prend à aimer l’action sur le terrain ; Lyes (Mhamed Arezki), un beur ambitieux pour qui le service public est le meilleur passeport pour l’intégration, qui parle aux gens avec sa grammaire la plus châtiée et qui vise, à terme, le Ministère de l’Intérieur ; Laura (Elodie Yung), une brillante étudiante en droit, as des arts martiaux, du tir au pistolet et du fonçage dans le tas sans réflexion préalable, qui choisit d’émarger chez les roussins plutôt qu’au barreau parce que son géniteur, qu’elle n’a jamais rencontré, se trouve être commissaire ; Kevin (Nicolas Gob), un basque champion de muscu mais allergique à la violence qui espérait devenir MNS à Biarritz et qui s’est un peu fait avoir, niveau mutation ; et Alex (Raphaël Lenglet), un banlieusard, pur produit de sa cité estampillé « racaille », fils d’une mère célibataire qui a l’air d’être sa sœur, et qui change radicalement de camp après avoir passé sa jeunesse à tirer des caisses et ramasser ce qui tombait des camions (d’ailleurs, il a toujours de super plans pour vous avoir un micro-ondes pour que dalle).

Toute la petite bande est chapeautée par deux capitaines, vieux de la vieille à qui on ne la fait pas : Franchard (Luc Thuillier), archétype du vieux beau à tendance alcoolique, qui n’est pas aussi ripoux qu’il en a l’air, et Duval (Jean-Michel Fête), psychorigide et grand amateur de musique classique. Sous la surveillance du commissaire Santamaria (Patrick Catalifo), héros de ses hommes et pourfendeur des ennemis publics. Tous ont, bien entendu, une vie privée à gérer, en plus de leur boulot très prenant. Et aucun d’eux ne fait dans le simple de ce côté.

 

Niveau intrigues, on est nettement plus dans le style réaliste de la PJ Saint Martin (petits délits, enquêtes de voisinage, statistiques, bref, réaliste et plan-plan) que dans celui des opérations des commissaires Lescaut, Moulin ou Navarro (crimes graves, cavales, prises d’otages et interventions de l’armée, etc), même si, de temps à autre, on a droit à un peu plus d’action. Alors c’est sûr que vu comme ça, on pourrait se dire qu’après avoir vu Porret, Matthieu et Leonetti peiner pendant des années sur des kidnappings de chat de la voisine, sur des comptage de points de retraites et des querelles syndicales, ça ne donne pas envie de se lancer dans une nouvelle série qui fonctionnerait sur le même principe.

 

Sauf que dans Les Bleus…, l’intrigue policière n’est qu’un prétexte. Il s’agit plus d’observer l’évolution des relations entre les personnages. Et non seulement les histoires sont bien menées, mais il y a surtout, et c’est généralement la raison pour laquelle j’aime ou pas une série, d’excellents dialogues. Certes, nous sommes loin du niveau de mes cultissimes Veronica Mars, ou Gilmore Girls, où on a pratiquement une vanne digne d’être relevée par réplique. Mais tout de même, les créateurs de la série ont eu la bonne idée de mettre en présence un groupe de personnes venus de milieux différents, avec des opinions et des méthodes divergentes, et qui semblent parfois ne pas parler la même langue tant ils ne sont pas sur la même longueur d’onde. Dans les conversations, il y en a toujours un pour être à contre-courant, ou carrément à la ramasse.

 

 « - Monsieur a des indicateurs, maintenant !

 -  Ben oui, oui, j’ai des indicateurs ! Tous corps de métiers, hein. Stups, mœurs, grand banditisme, électroménager… Enfin, surtout électroménager récemment. »

 

C’est du comique basé sur le défaut de communication, en fait. Les dialogues de sourd du duo Lyes/Alex, à cet égard, ont des moments anthologiques. Plus que du polar, c’est de la comédie. Les bleus, quoi que parfois très contents d’eux et pressés de changer de couleur, sont vraiment des bras cassés, avec de la bonne volonté mais de grosses lacunes, Loin d’être des génies, ils ont même du pain sur la planche pour devenir de bons policiers.

 

« - De mon temps, quand on entrait dans un commissariat, il n’y avait que des hommes en képi et des inspecteurs en imperméable. Les seules femmes  qu’on y voyait étaient là pour racolage.

   - Et ben ils ont découvert qu’on avait un cerveau, dites donc. Et puis alors, depuis, on a changé d’orientation professionnelle. D’ailleurs, ma collègue va vous recevoir, mais alors surtout, ne lui demandez pas avec qui elle a couché hier soir, parce qu’elle a la gâchette facile aujourd’hui. »
 
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Après un pilote et deux saisons de 12 et 6 épisodes, le potentiel de la série est loin d’être épuisé, et si le succès public n’est pas totalement au rendez-vous, j’espère que les encouragements des critiques seront suffisants pour que les producteurs la reconduisent encore quelques temps. Et pas seulement une nouvelle saison tous les trois ans, si possible. Allez, une petite sortie d’Alex pour la route :
 
 « - Vous l’avez enterré où ?
 -   Je l’ai fait incinérer, et j’ai dispersé ses cendres dans la mer. J’ai trouvé ça romantique pour un dernier amour.
 -   C’est de la balle. Moi aussi, quand je vais mourir, j’ai envie qu’on me saupoudre, comme ça. »
 
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May 12

Don’t feel like smiling ? You’re English, Dear. Fake it.

 
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Un mariage de rêve
(Titre original : Easy virtue)
De Stephen Eliott. Avec Jessica Biel, Kristin Sott Thomas, Ben Barnes, Colin Firth...
Sortie le 5 Mai 2009
 
1928. En séjour sur la Riviera, John Whittaker, jeune aristocrate anglais, rencontre Larita, américaine sophistiquée et pilote de course. Après une romance menée tambour battant, il l'épouse et la ramène dans son manoir pour la présenter à sa famille. Qui ne tombe pas unanimement sous le charme de la jeune femme...
 
Que peut-on attendre de l’adaptation en 2008, par un réalisateur australien auteur de l’inoubliable Priscilla, folle du désert, d’une pièce écrite il y a quatre-vingt-cinq ans par un dramaturge anglais, et ayant déjà inspiré une adaptation, à peu près à la même époque, au maître Hitchcock ? Une vraie réussite, voilà la réponse. A première vue, ça pourrait être une version swing de Sa mère ou moi, en moins bourrin et nettement moins américain, bien sûr, mais avec son lot de vacheries, de coups bas et de répliques cinglantes entre les deux Mrs Whittaker. Sauf que si c’était si simple, ce serait sans intérêt. Le conflit va bien plus loin qu’une simple rivalité belle-mère/belle-fille. Il s’agit d’un choc des cultures, où une pièce rapportée vient pousser un petit groupe de personnes à remettre en cause le système de valeurs qui est le fondement même de leur mode de vie depuis toujours.  
 
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Tel un Ulysse parti à l’aventure pour fuir le quotidien un peu trop casanier et le futur tout tracé qu’on a choisi pour lui, John Whittaker a eu le coup de foudre pour une nymphe, trop heureuse de se jeter dans ses bras afin d’oublier sa propre solitude. Mais en regagnant ses pénates, puisqu’il faut bien rentrer un jour, notre apprenti-aventurier s’aperçoit finalement qu’il aime cette terre qu’il voulait quitter, et que ce mode de vie qu’il rejetait est en fait celui qui lui va le mieux et qui le rendra heureux. Malgré les airs de play-boy séducteur et sûr de lui qu'il se donne (et qui lui vont fort bien, il faut l'admettre), John s'avère en fait être un bon fils de famille docile et prompt à rentrer dans le rang. Seulement, il a ramené sa Calypso avec lui, et elle ne cadre pas vraiment dans le décor. Preuve, s’il en fallait, qu’on ne peut pas tout avoir. Malheureusement, John est trop immature et désinvolte, à la limite de l’inconscience parfois. Il n’a pas encore les épaules pour  la vie conjugale, en tout cas pas avec une femme comme la sienne. Il est incapable de faire un choix, et c’est sur son indécision que se base la rivalité des deux femmes qui se le disputent. Sa mère, qui doit bien admettre que sa bru n’est pas l’écervelée croqueuse de diamants aux mœurs légères qu’elle s’attendait à trouver, mais qui ne renonce pas pour autant à se débarrasser d’elle parce qu’elle compte trop sur son fils pour prendre la succession. Et la tendre épouse, qui aimerait bien le garder pour elle parce que sa jeunesse et son insouciance lui font oublier ses douloureux souvenirs mais qui, faute d’obtenir le soutien qu’elle est en droit d’attendre, trouvera un peu de réconfort en allant comparer la taille de ses cicatrices avec celles de son beau-père, vétéran de la Grande Guerre dont il ne s’est jamais remis.
 
Un mariage de rêve est l’un de ces petits chefs-d’œuvre à l’anglaise qui savent cacher derrière un masque de comédie à l’humour pince-sans-rire et corrosif un drame familial et social, avec son lot de secrets, de mensonges et d’hypocrisies en tous genres. Une sorte de grande partie de cache-cache protocolaire est en cours, et chacun doit toujours jouer le jeu, sauver les apparences, se fondre dans le décor. On peut avoir une conscience aigüe de l’absurdité de la chose, peut-être, mais tout de même, s’il y a des règles du jeu, il faut les respecter. « Nous préférons ne pas en parler, sauf en public. » dit John d’un ton détaché, à un moment donné. C’est tout le paradoxe, et aucun personnage ne peut y échapper. Ni Larita, qui pourtant aimerait faire table rase d’un passé qu’on ne lui laisse pas oublier, et recommencer à zéro, ni les membres de la famille Whittaker, qui n’essaient même pas de vivre autrement, tant ils y sont habitués.
 
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Ce film sera sans doute desservi par son titre atroce, digne d’un roman Harlequin (Ah ! la malédiction des titres français), et c’est dommage, parce qu’il mérite amplement de trouver son public. Chacun des acteurs est parfait, de Jessica Biel qui arbore un look de Jean Harlow plus vraie que nature, à Kristin Scott-Thomas, Katherine Parkinson et Kimberley Nixon, en méchante belle-mère acariâtre et belles-sœurs hystériques, sans oublier Ben Barnes (comment ne pas être Mad about the boy ?), Colin Firth (dont je suis encore plus mad about, comme tout le monde) et le toujours hilarant Kris Marshall, le très stylé butter qui sait tout, ne dit rien mais n’en pense pas moins. Le tout orchestré avec talent par Stephan Eliott dont j’attendrai avec impatience la prochaine production, sur un fond musical que je vais m’empresser d’acquérir. Let’s misbehave !